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Vincent Bolloré convoqué par la commission d’enquête sur l’audiovisuel public

Le milliardaire d’extrême droite va à son tour faire face aux députés, fin février, où il sera notamment interrogé sur le maintien de Jean-Marc Morandini à l’antenne de sa chaîne, CNews.

Vincent Bolloré à l'Assemblée nationale, le 13 mars 2024. (Denis Allard/Libération)
Publié aujourd'hui à 12h10

Vincent Bolloré va être convoqué fin février par la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, a annoncé Jérémie Patrier-Leitus, député Horizons et président de cette commission. Il sera notamment interrogé sur le maintien de Jean-Marc Morandini à l’antenne de CNews, chaîne privée appartenant au milliardaire d’extrême droite.

«Je vais convoquer Vincent Bolloré», a déclaré Jérémie Patrier-Leitus sur France Info. Cette audition est, selon lui, prévue au cours des deux dernières semaines de février. «Je ne convoque pas Vincent Bolloré parce qu’il est propriétaire de médias d’audiovisuel privé», mais «parce qu’il est un des actionnaires majoritaires de Banijay», importante société de production qui fournit des émissions au service public comme au privé, a pris soin de souligner le député.

Relancé sur le cas Morandini, condamné définitivement pour corruption de mineurs mais maintenu malgré cela à l’antenne de CNews, le parlementaire a répondu : «Ça sera l’occasion pour Vincent Bolloré de s’en expliquer. Je l’interrogerai là-dessus.» «Je suis exigeant avec l’audiovisuel public et, s’il y a des manquements, des dysfonctionnements, dans l’audiovisuel public, je le dis, mais je le dis aussi sur l’audiovisuel privé», a-t-il argumenté, en jugeant que le maintien de Jean-Marc Morandini à l’antenne n’est «pas normal».

«Que diraient les membres de cette commission d’enquête si un présentateur de l’audiovisuel public était condamné définitivement pour corruption de mineurs et maintenu à l’antenne par les dirigeants de France Télévisions ou Radio France ? Moi je n’ai pas d’indignation à géométrie variable», a conclu Jérémie Patrier-Leitus.

Galaxie

A ce sujet, tous les regards se tournent vers le rapporteur de la commission, le député ciottiste proche du Rassemblement national Charles Alloncle, particulièrement véhément à l’encontre des figures du service public, qu’il veut abattre. A tel point que quatre de ses collègues (socialistes et centristes), qui dénoncent une «chasse aux sorcières», ont demandé à la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, «d’intervenir par un rappel à l’ordre» à l’encontre du député, révèle ce mercredi le Monde. Alors comment Charles Alloncle se comportera-t-il face à Vincent Bolloré, fervent soutien et promoteur des idées d’extrême droite sur ses médias ?

En particulier CNews, qui appartient au groupe Canal +, dont le milliardaire est l’actionnaire de référence. Le maintien de Morandini à l’antenne malgré sa condamnation a suscité de vifs débats au sein de la chaîne. Trois de ses figures, Sonia Mabrouk, Pascal Praud et Laurence Ferrari, ont pris leurs distances avec ce maintien. Dimanche, Philippe de Villiers, qui anime une émission sur CNews, et le Journal du dimanche, autre média de la galaxie Bolloré, ont à leur tour marqué leur désapprobation quant au maintien à l’antenne de Jean-Marc Morandini.

Le 14 janvier, la Cour de cassation a rendu définitive sa condamnation pour corruption de mineurs, pour des messages de nature sexuelle envoyés à trois adolescents entre 2009 et 2016. En outre, l’animateur a renoncé le 22 janvier à contester une condamnation pour harcèlement sexuel dans un autre dossier, ce qui la rend définitive.

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