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Portières de voitures : les poignées affleurantes seront-elles bientôt interdites en France, après la décision de la Chine ?

Ces nouvelles règles, annoncées ce lundi 2 février par le ministère chinois de l’Industrie, devraient contraindre les constructeurs étrangers à choisir entre adapter leurs modèles vendus en Chine, ou bien appliquer ces changements à l’échelle mondiale.

Pékin, en Chine, le 3 février 2026 (Johannes Neudecker/DPA.SIPA)
Publié le 03/02/2026 à 16h10

Elles sont le cauchemar des automobilistes quand les températures chutent et augmentent les risques de blocage. Mais les poignées de porte dites «affleurantes», esthétiques car elles se fondent dans la carrosserie, peuvent aussi être dangereuses et risquent de se bloquer en cas d’accident. C’est pourquoi la Chine interdira en 2027 la vente de voitures équipées uniquement de ces poignées rétractables.

Les nouvelles règles, annoncées ce lundi 2 février par le ministère chinois de l’Industrie et des Technologies de l’information, entreront en vigueur le 1er janvier 2027. Elles imposeront alors la présence sur les véhicules de poignées extérieures et intérieures classiques à déclenchement mécanique. Présentes sur de nombreux véhicules électriques, très vendues dans le pays, elles ont gagné en popularité depuis une dizaine d’années. Elles peuvent toutefois constituer un piège mortel lorsque le système électrique est hors service.

Les modèles ayant déjà été homologués en vue d’une commercialisation en Chine disposeront d’un délai supplémentaire de deux ans pour se mettre en conformité, a précisé le ministère. Ces nouvelles réglementations permettront «d’améliorer le niveau de sécurité», a-t-il ajouté.

Bientôt reprises en Europe ?

La sécurité de ces portes, au design épuré et aérodynamique, suscite ces derniers mois en Chine une inquiétude croissante. Un incident très médiatisé s’est produit en octobre lorsque des secouristes ont été dans l’incapacité d’ouvrir les portes d’un véhicule électrique de la marque Xiaomi qui avait pris feu après un accident dans la ville de Chengdu, dans le sud-ouest du pays. Le conducteur, qui aurait été sous l’emprise de l’alcool, est décédé.

«En matière de régulation des véhicules électriques et intelligents, la Chine est de plus en plus en train de définir la réglementation, plutôt que de se contenter d’appliquer des règles créées ailleurs», déclare à l’AFP Bill Russo, fondateur du cabinet de conseil Automobility, basé à Shanghai. Il estime que ces nouvelles règles sur les poignées de portes pourraient être «reprises» à l’étranger, notamment en Europe, «à mesure que les véhicules et plateformes chinois définissent les standards mondiaux en matière de conception des véhicules électriques».

Les constructeurs devront aussi, en vertu des nouvelles dispositions publiées par le ministère, améliorer la visibilité des poignées intérieures. Cela passera par une signalisation obligatoire à l’intérieur de la voiture.

«Casse-tête»

La Chine est le plus grand marché mondial pour les véhicules électriques. Le pays compte sur ce créneau des dizaines de constructeurs, de plus en plus présents à l’étranger. Des statistiques publiées en janvier ont montré que le chinois BYD a vendu en 2025, pour la première fois sur un an, davantage de véhicules électriques que son rival américain Tesla, devenant le premier constructeur de ces voitures au monde.

Avec son statut de premier marché automobile mondial, la Chine fixe désormais «de manière informelle» les normes internationales, affirme à l’AFP Tu Le, fondateur du cabinet Sino Auto Insights. Les nouvelles règles sur les poignées de porte impliquent que «les entreprises comme Tesla, Kia et les autres constructeurs historiques qui vendent leurs véhicules dans plusieurs régions, devront choisir entre adapter uniquement leurs modèles vendus en Chine, ou appliquer ces changements à l’échelle mondiale», souligne-t-il. «Cela représente probablement un casse-tête pour bon nombre de constructeurs, car certains devront revoir leurs designs, pensés pour le marché mondial», note Tu Le.

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