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Comptes publics

Pour Amélie de Montchalin, le déficit «sera aux alentours de 5 % en 2026» en l’état des débats sur le budget

Dans une interview au «Parisien /Aujourd’hui en France» ce samedi 15 novembre, la ministre des Comptes publics estime que, malgré la lenteur des débats à l’Assemblée, le projet de loi de finances peut toujours être adopté dans les temps.

Amélie de Montchalin, le 13 octobre à Paris. (Denis Allard/Libé ration)
Publié le 15/11/2025 à 19h34

Alors que les députés se sont octroyé une pause de deux jours ce week-end dans leur marathon budgétaire à l’Assemblée, Amélie de Montchalin reste optimiste. Malgré la lenteur des débats dans l’hémicycle, la ministre des Comptes publics, dans une interview ce samedi 15 novembre au Parisien/Aujourd’hui en France, veut toujours croire que le projet de loi de finances (PLF) sera adopté dans les temps, soit avant le 31 décembre. Et d’affirmer qu’il n’y aura – conformément à l’engagement de Sébastien Lecornu – ni recours au 49.3, ni aux ordonnances pour faire passer ce texte. «Aucune ordonnance n’est en cours d’écriture à Bercy», affirme-t-elle. Elle exclut également à ce stade l’hypothèse d’une loi spéciale pour reconduire le budget faute d’accord au Parlement : «Je ne me place pas dans cette optique-là», assure la ministre.

Optimiste sur l’issue des débats et sur la teneur du texte élaboré à l’Assemblée - qui, selon elle «va dans la bonne voie sur certains sujets, mais que l’on doit encore équilibrer» - elle l’est toutefois moins sur la trajectoire des finances publiques du pays. En l’état des débats, le déficit serait «aux alentours de 5 % en 2026 alors qu’on devrait être sous les 5 %», estime-t-elle, rappelant la barre fixée par le Premier ministre lors de sa déclaration de politique générale le 14 octobre. Amélie de Montchalin assure par ailleurs que «notre objectif reste toujours les 4,7 %».

Pas raccord avec Lecornu sur le dégel des pensions de retraite

La ministre prend également un pas de côté avec les engagements de Sébastien Lecornu devant l’Assemblée. Il y a deux semaines, le locataire de Matignon avait annoncé que son gouvernement était «prêt» à regarder les amendements «qui viendront à dégeler» les pensions de retraite et les minima sociaux, renonçant ainsi à une des mesures les plus décriées de l’exécutif qui envisageait de ne plus les indexer sur l’inflation. Une mesure votée cette semaine à l’assemblée. Ce samedi dans les colonnes du Parisien, Amélie de Montchalin pour qui «il est impossible d’imaginer un déficit de la Sécurité Sociale au-dessus des 20 milliards d’euros», affirme «qu’il (lui) semble difficile qu’on puisse dégeler toutes les retraites et toutes les prestations sociales. On pourrait se dire qu’à partir d’un certain niveau de pension, il pourrait y avoir une contribution plus grande à l’effort national requis en 2026».

Quelques heures plus tôt, le Sénat – qui examine en commission le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) – a proposé de rétablir le gel des pensions de retraite, préservant toutefois à ce stade celles inférieures à 1 400 euros par mois, selon plusieurs participants. Les sénateurs ont également fait machine arrière toute sur le dégel des prestations sociales. Quant à la suspension de la réforme des retraites, retoquée elle aussi par la chambre haute en commission ce samedi, Amélie de Montchalin assure qu’elle sera effective «si le budget est voté».

La ministre a également dit tout le mal qu’elle pense de la taxe sur les multinationales votée il y a deux semaines par l’Assemblée, estimant que les députés LFI, à l’origine de l’amendement, «ont voulu ressusciter l’URSS».

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