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Libération
Mauvaises augures

Selon le gouverneur de la Banque de France, l’incertitude politique coûtera 0,2 point de croissance cette année

L’institution économique prévoyait initialement une croissance d’au moins 0,7 % en 2025. Interrogé sur France Info ce jeudi 27 novembre, François Villeroy de Galhau déplore un débat budgétaire qui «accroît la confusion».

Francois Villeroy de Galhau au forum économique de Davos (Suisse), le 22 janvier 2025. (Fabrice Coffrini/AFP)
Publié le 27/11/2025 à 10h16

«L’incertitude française, politique et budgétaire nous coûte au moins 0,2 point de croissance» pour cette année, a affirmé ce jeudi 27 novembre le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, interrogé sur France Info.

Et cette incertitude française s’ajoute à la «part internationale : la guerre en Ukraine, le protectionnisme américain». Au total, le gouverneur estime que tout cela pourrait coûter 0,5 point de croissance à l’économie française, alors que la Banque de France tablait sur une croissance d’au moins 0,7 % en 2025. Les «chiffres précis» de ses prévisions sont attendus le 19 décembre.

Il déplore également un débat qui «est jusqu’à présent inquiétant et divergent. Il devrait réduire l’incertitude, il devrait nous rapprocher d’un budget 2026. Pour l’instant, il accroît la confusion. Donc moi, je souhaite ardemment qu’on dépasse le spectacle actuel pour trouver des compromis, pour trouver une vision de moins court terme».

La veille, députés et sénateurs n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur le projet de budget de la Sécurité sociale (PLFSS), renvoyant à l’Assemblée nationale le texte du gouvernement. «Ce n’est pas la fin du débat budgétaire, mais ce qui s’est passé hier soir, c’est un chaos supplémentaire sur un chemin qui est déjà tortueux», commente le gouverneur de la Banque de France.

«Etouffement progressif»

François Villeroy de Galhau a en outre plaidé pour la nécessité de réduire les déficits, soulignant que «cette dette qui augmente nous coûte en charges d’intérêts des dizaines de milliards d’euros en plus au cours de la décennie».

«C’était 30 milliards de charge d’intérêts en 2020, et ce sera plus de 100 milliards à la fin de la décennie», prédit-il, martelant que «ces 70 milliards supplémentaires, c’est autant que nous ne pouvons pas consacrer à l’éducation, à la lutte contre le changement climatique ou à la défense. Il faut absolument sortir de cet étouffement progressif».

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