
A l’usine Renault du Mans, voyage dans l’histoire ouvrière de l’industrie automobile
Au cœur de l’usine Renault du Mans, deux mini-vans circulent entre les bâtiments qui pensent et fabriquent les châssis, structure sur laquelle sont fixés les éléments des véhicules. Pas d’assemblage de voiture ici, c’est son ossature qui est créée. L’un des véhicules aux vitres teintées déverse la quinzaine de journalistes qu’il trimballe d’un lieu à l’autre. Steven Dole attend devant le bâtiment F, qui abrite des véhicules Renault et Dacia de toutes époques. C’est un cousin de l’auteur de ces lignes, pas vu depuis quinze ans peut-être. Il est fondeur, comme notre grand-père, Julien Dole, romanichel qui, après s’être sédentarisé dans le quartier des Batignolles en revenant du camp de travail nazi de Sandbostel, dans le nord de l’Allemagne, a intégré la fonderie de Renault Le Mans en 1950.
«Cela a beaucoup changé à la fonderie. Quand je vois ce qu’on me disait des conditions de travail de notre grand-père et les miennes aujourd’hui…» songe-t-il, les bras croisés, alors que le directeur du site, Jean-Luc Bois, s’apprête à donner le mot de la fin de cette quatrième étape du «Tech tour» de la marque à travers ses sites européens. Une trajectoire familiale, fréquente dans la classe ouvrière, qui permet de saisir la permanence d’un site industriel porté par ses travailleurs, alors que la morphologie et les conditions du travail ont muté au fil des avancées techniques et des victoires sociales, des impacts politiques et de la macroéconomie.
Renault Le Mans est la deuxième usin