Les guirlandes colorées d’un immense sapin de Noël clignotent dans le hall du siège francilien de Casino à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne). «C’est plutôt celui du père Fouettard», glisse, amer, un salarié engoncé dans son manteau. Ils sont une centaine, ce matin du mardi 5 décembre, à s’être réunis à l’appel des cinq syndicats représentatifs du personnel (FO, CGT, CFDT, Unsa, CFE-CGC). Au même moment, une autre mobilisation rassemblait plusieurs centaines de personnes à Saint-Etienne, où se tient le siège historique du groupe. Tous partagent la même inquiétude : connaître leur avenir, alors que leur groupe pourrait se séparer de près de 400 magasins, ce qui concernerait 15 000 salariés. «J’ai des collègues qui pleurent tous les jours. On a tous une famille à nourrir, des crédits à rembourser… Si on se retrouve licenciés du jour au lendemain, qu’est-ce qu’on va devenir ?» soupire Marine, cheffe de produit dans la boîte depuis dix-neuf ans.
«On se doutait qu’il y aurait des mesures, vu le déficit énorme du groupe, admet Philippe Guirao, délégué syndical de la CFE-CGC. On s’attendait à des ventes de magasins, mais pas à celui du réseau entier ni à la disparition de la marque.»