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Avenir de l’aciériste Novasco : la décision rendue lundi, une reprise a minima se dessine

Les deux repreneurs potentiels de l’ex-Ascométal étaient entendus à huis clos ce mercredi par la chambre commerciale du tribunal.

Devant le tribunal de Strasbourg, le 31 octobre 2025. (Sébastien Bozon/AFP)
Publié le 12/11/2025 à 13h55

L’épilogue désenchanté attendra. La chambre commerciale du tribunal judiciaire de Strasbourg a reporté au lundi 17 novembre sa décision concernant la reprise du groupe sidérurgique Novasco, 760 salariés. Deux repreneurs potentiels de l’ex-Ascométal avaient été entendus en audience non publique mercredi, espérant convaincre que leurs offres étaient sérieusement financées. Si la chambre s’est refusée à donner publiquement sa décision, l’avocat du Comité social et économique central de Novasco a annoncé que c’est l’offre du consortium d’investisseurs français réunis autour de Julien Baillon, à la tête de la PME ardennaise Métal Blanc, qui a été retenue. Celle-ci proposait de maintenir l’activité sur le seul site des Dunes, à Leffrinkoucke, près de Dunkerque.

La proposition de son concurrent Europlasma, prévoyait la reprise des sites de Saint-Etienne, Custines (Meurthe-et-Moselle) et Leffrinkoucke près de Dunkerque (Nord). Le maintient du site principal, l’aciérie électrique d’Hagondange, 450 salariés, était envisagé, au prix de licenciements massifs. Le groupe avait été placé en redressement judiciaire mi-août.

Quelques dizaines de salariés, étaient venues en autocar depuis le site d’Hagondange (Moselle) et s’étaient rassemblées mercredi devant le palais de justice de Strasbourg, où la CGT avait installé une tente et servait le café. «Quoi qu’il arrive, ce sera une mauvaise journée pour les salariés», avait prédit le délégué syndical CGT du site mosellan Yann Amadoro face à la presse. Une décision attendue comme «catastrophique» ou «extrêmement catastrophique», selon lui.

Quatre redressements judiciaires en 10 ans

Les salariés d’Hagondange ont prévu des actions de blocage jeudi et vendredi, pour réclamer des conditions améliorées de départ. Et des représentants du personnel de Novasco doivent être reçus par le ministre de l’Industrie en fin de semaine. Le groupe, qui fabrique des aciers spéciaux notamment pour le secteur automobile, en est à son quatrième redressement judiciaire depuis 2014.

L’entreprise avait été reprise en 2024 par le fonds d’investissement britannique Greybull Capital, qui avait promis d’y injecter 90 millions d’euros tandis que l’Etat verserait 85 millions. Si l’Etat a globalement tenu ses engagements financiers, Greybull n’a apporté que 1,5 million d’euros, selon les syndicats. «On va voir comment ils comptent assumer une part de leur responsabilité», a déclaré la semaine dernière le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin.

Les syndicats en appellent aux pouvoirs publics pour sauver cette aciérie électrique, dont la disparition serait, selon eux, un «non-sens écologique et stratégique» dans un secteur où il est difficile de réduire les émissions de gaz à effet de serre. «L’Etat est responsable, il doit garantir le maintien de tous les emplois», proclamait ainsi une pancarte affichée par les salariés mercredi devant le tribunal de Strasbourg.

L’industrie sidérurgique européenne multiplie les plans de licenciements, souffrant entre autres de la concurrence chinoise, des coûts élevés de l’énergie, ainsi que des difficultés des constructeurs automobiles, gros consommateurs d’acier.

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