Le soleil se lève sur Saint-Denis et à la sortie du RER D, les passagers ont la mine fermée. Comme s’ils disaient sans ouvrir la bouche : «Il est 8 heures, je serais mieux chez moi dans mon lit que sur la route pour le travail.» Jérôme, lui, c’est tout l’inverse. Chasuble rouge de la CGT cheminots sur le dos, le quinquagénaire bavard arbore un grand sourire. Ici, c’est son secteur, dit-il. Et tracter, il «adore ça». Alors armé d’une grosse pile de feuilles, il interpelle les passants, lançant à la chaîne des «Demain, on bloque tout contre Macron !» Certains l’évitent volontairement, les yeux rivés sur leur portable. D’autres attrapent le bout de papier pour le lire en marchant. Deux quadragénaires enthousiastes lâchent : «On est déjà au courant, on est déjà opé !» Un autre assène au contraire : «Mais vous n’avez pas honte ? Connards !»
Ce mardi 9 septembre, ils sont une vingtaine à s’être réunis aux aurores pour distribuer des tracts sur lesquels on dénonce les milliards «donnés aux grosses entreprises sans contreparti




