A l’entrée de la rue François-Debergue, à Montreuil (Seine-Saint-Denis), une chorégraphie de chariots pleins de fruits et légumes semble annoncer le calme avant la tempête. «C’est ici pour faire les sandwichs ?» demande une arrivante avant d’entrer dans le jardin investi par l’association la Parole errante. Sur la terrasse de l’espace culturel, une dizaine de personnes s’apprêtent cuisiner les repas qui seront redistribués aux mobilisés du 10 septembre. Le lieu, bien connu dans le quartier, accueille plusieurs collectifs militants habitués des «cantines solidaires». Alors quand le mouvement protéiforme a pris de l’ampleur, pour beaucoup d’habitants, le soutenir coulait de source.
«Le jour J, les gens sur les blocages ne pourront pas acheter de quoi manger, d’autant qu’il y a un appel à ne pas consommer», explique Léa (1), énergique. Elle était dès 5 heures du matin au marché de Rungis afin de récupérer des denrées alimentaires à moindre coût. Pour la vingtenaire, confectionner ces repas, c’est l’occasion de contribuer à ce que les gens vivent «convenablement», ce que, selon




