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Espoir

Brandt : le gouvernement affirme qu’il «ne laisse pas tomber» et souhaite «un nouveau projet» industriel

Au lendemain de la liquidation judiciaire du groupe d’électroménager français, le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, a considéré ce vendredi sur TF1 que le dossier n’était pas clos. Mais il faudra attendre que ce nouveau projet mûrisse pour en savoir plus.

Usine Brandt à Vendôme, dans le centre de la France, le 11 décembre 2025. (Jean François Monier /AFP)
Publié le 12/12/2025 à 9h00, mis à jour le 12/12/2025 à 13h06

Le gouvernement rallume l’espoir, même si les contours d’un possible futur industriel restent flous. Au lendemain de la liquidation judiciaire du groupe d’électroménager, prononcée par le tribunal des activités économiques de Nanterre, le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, affirme ce vendredi qu’il «ne laisse pas tomber» Brandt, et estime qu’il est possible «d’imaginer un nouveau projet industriel». Une expression qui confirme ce que l’entourage expliquait à Libération jeudi. «Il y a un site industriel qui est présent, il y a des savoirs faire qui sont présents et donc la capacité d’imaginer un nouveau projet industriel sur ce site», a-t-il ajouté sur TF1.

Un projet de Scop, soutenu par le groupe Revive, qui devait permettre de sauver au moins 370 emplois, avait été mis in extremis sur la table pour sauver Brandt, qui, en début d’année, avait fêté en grande pompe ses 100 ans, mais les acteurs du dossier avaient regretté le peu de temps pour monter le projet - dix jours contre plusieurs mois habituellement - ainsi le manque de soutien de la part des banques contactées pour prêter l’argent, et le tribunal a donc estimé que le risque était trop grand de laisser l’activité se poursuivre dans ce cadre. Résultat, 700 personnes sont sur le carreau à quelques jours des fêtes.

«Il y a eu peu de partenaires bancaires, c’est vrai», a déclaré vendredi Sébastien Martin, qui aurait souhaité que, «face à l’urgence de la situation, on se dise que les procédures habituelles, on pouvait faire un peu mieux, un peu plus vite». «Je suis prudent, mais il reste encore une possibilité après la liquidation judiciaire», a renchéri Serge Papin, ministre des Petites et Moyennes entreprises dans le même temps vendredi, sur Europe 1. «Les banques qui font défaut actuellement, […] en voyant le sérieux et la robustesse d’un projet alternatif pourraient peut-être s’engager», a-t-il ajouté.

«D’ici la fin de l’année, on va se revoir avec les acteurs locaux pour essayer de rebâtir un projet. Un autre projet peut-être, un projet sérieux, tout aussi sérieux que celui-ci, avec plus d’investisseurs privés sans doute aussi», a ajouté Sébastien Martin. Selon un membre de l’entourage du ministre, puisqu’«une dynamique a été engagée, qu’il y a un collectif qui s’est mobilisé, [il faut faire] en sorte que le soufflé ne retombe pas». Et d’ajouter : «Ce ne sera pas forcément dans le secteur de l’électroménager, puisque, pour Brandt, c’est fini, mais il y a un savoir-faire, une expertise sur ce territoire, une culture industrielle». Il précise enfin qu’il faut prendre «le temps de le définir d’abord ce projet de manière concertée pour qu’il soit le plus solide et pérenne possible».

Pas forcément une Scop

Pour le ministère, l’urgence est d’éviter «que ces sites ne deviennent pas des friches» car «il est très difficile de remobiliser des repreneurs et de relancer une dynamique industrielle. Et là vous entrez effectivement dans un processus de désindustrialisation certain». Quant à la nature de cette future - et hypothétique - nouvelle entreprise, pourrait-elle prendre la forme d’une Scop ? « Toutes les pistes sérieuses seront étudiées», répond l’entourage du ministre. Donc pas forcément une Scop.

Sur le volet accompagnement des travailleurs, Sébastien Martin n’a cependant pas écarté, dans un premier temps, l’échéance du plan social : «On accompagnera les salariés pour faire en sorte que ce plan social soit bien construit», a-t-il assuré, ajoutant compter sur les entreprises «dynamiques» du bassin d’emploi d’Orléans, pour permettre à des salariés de Brandt de retrouver du travail. Les travailleurs de l’entreprise centenaire auraient plutôt aimé passer les fêtes en connaissant leur avenir social, et au sein de leur entreprise.

Mise à jour à 13 heures avec des précisions de l’entourage du ministre de l’Industrie et du contexte.

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