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Brandt : un projet de reprise de Thomson Computing prévoit de sauver 150 emplois à Orléans

Le patron de l’entreprise industrielle française a présenté ce mercredi 24 décembre un projet qui entend embaucher 150 salariés, contre 350 aujourd’hui, dans l’usine principale de l’ex-fleuron industriel français.

L'usine Brandt de Saint-Jean-de-la-Ruelle, près d'Orleans, le 16 janvier 2025. (Guillaume Souvant/AFP)
Publié le 24/12/2025 à 12h03

Un cadeau de Noël pour des salariés de Brandt ? L’homme d’affaires Stephan Français, patron de Thomson Computing, a proposé ce mercredi 24 décembre de reprendre l’usine d’Orléans du groupe d’électroménager en liquidation judiciaire et de sauver 150 emplois. Il prévoit de continuer une partie de la production de petit et gros électroménager, l’activité historique de Brandt, et d’y ajouter celle de produits électroniques et informatiques, cœur de métier de Thomson Computing.

9 millions d’euros d’entités publiques

«Aujourd’hui nous avons une solution de reprise, de redémarrage, de renouveau, […] elle s’appelle Stephan Français», a déclaré le maire d’Orléans Serge Grouard, lors d’une conférence de presse commune avec le patron de 56 ans. Le projet porte sur une reprise du site d’Orléans, de loin le plus important de Brandt. Il rassemblait 350 salariés sur les 700 que comptait l’entreprise, avant la liquidation. «Il faut aller très vite pour relancer la machine, relancer la production, garder un cœur de salariés et garder le plus de clients possible», a martelé l’élu, devant des journalistes réunis à l’hôtel de ville. Il a qualifié le projet de «sérieux», même s’il présente une «part de risque».

L’édile d’Orléans se démène depuis plusieurs semaines pour trouver une solution afin de sauver Brandt, fleuron industriel français qui comptait deux usines en Centre-Val de Loire, à Vendôme (Loir-et-Cher) et à Saint-Jean-de-la-Ruelle, au sein de l’agglomération orléanaise. La société commercialisait quatre grandes marques : De Dietrich, Brandt, Vedette et Sauter.

Se disant attentif à la «maîtrise des coûts», Stephan Français a précisé que son projet commencerait avec «150 salariés» dès l’année prochaine. «Après, progressivement, si les résultats sont là, on embauchera», a-t-il affirmé, évoquant «jusqu’à 250 salariés sur un plan à cinq ans». Pour mener à bien son projet, l’homme d’affaires a évoqué un budget de 25 millions d’euros. La mairie d’Orléans a précisé à l’AFP que 9 millions d’euros seraient apportés par des entités publiques et qu’un tour de table avec les banques était en discussion.

Projet de Scop rejeté

Pour prendre vie, le projet de reprise du site d’Orléans de Brandt devra être validé par le tribunal des activités économiques de Nanterre qui a prononcé le 11 décembre la liquidation judiciaire de l’entreprise, a souligné Stephan Français. Un appel d’offres pour la reprise de l’usine doit être lancé courant janvier, a précisé Bercy.

Le projet de Stephan Français aura-t-il plus de succès que celui de Scop (société coopérative et participative), soutenu par le groupe Revive, rejeté début décembre par le tribunal ? «Toute piste de reprise mérite d’être examinée avec attention, mais aucune ne saurait être tenue pour acquise sans un travail d’analyse approfondi», a tempéré auprès de l’AFP le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin. Ce dernier avait déclaré au lendemain de la liquidation judiciaire qu’un projet industriel restait possible, pas forcément dans le secteur de l’électroménager.

L’entreprise, centenaire et emblématique du patrimoine industriel français, pâtit depuis plusieurs décennies des temps difficiles vécus par le secteur du gros électroménager. Elle est passée au gré des rachats et liquidations judiciaires entre les mains de l’Israélien Elco, puis celles de l’Espagnol Fagor, avant d’être repris en 2014 par le groupe algérien Cevital.

Mis à jour à 13 h 38 avec davantage d’informations.
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