Après «l’ultimatum» adressé par l’intersyndicale à Sébastien Lecornu, Matignon propose aux huit organisations syndicales une rencontre avec le Premier ministre mercredi prochain à 10 heures, ont fait savoir des sources syndicales à l’AFP ce samedi 20 septembre.
Le rendez-vous avec l’ensemble des syndicats, représentatifs ou non, a été confirmé par une source gouvernementale. Un format rare : la dernière rencontre avec l’intersyndicale au complet remonte à octobre 2023, lors d’une conférence sociale lorsque Elisabeth Borne était encore Première ministre.
Analyse
Vendredi, au lendemain de la journée de mobilisation qui a regroupé entre 500 000 et 1 million de manifestants, les huit organisations syndicales (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires) avaient donné jusqu’au mercredi 24 septembre au Premier ministre pour «répondre à [leurs] revendications» concernant le budget 2026. Sans quoi, l’intersyndicale «se retrouvera pour décider très rapidement d’une nouvelle journée de grève et de manifestations».
Elles exigent «l’abandon de l’ensemble du projet» de budget 2026 présenté cet été par son prédécesseur, François Bayrou, dont «le doublement des franchises médicales, l’année blanche […], la suppression de 3 000 postes de fonctionnaires et la réforme de l’assurance chômage», ainsi que la non remise en cause du 1er Mai férié et chômé, d’après un texte commun publié vendredi.
Réunis pour la première fois depuis 2023 et la mobilisation contre la très controversée réforme des retraites, les syndicats demandent toujours «l’abandon du recul de l’âge légal de départ» en retraite à 64 ans.
«Il nous faut quelques signes»
«Soit Sébastien Lecornu prend des mesures significatives de justice sociale et fiscale, soit on se retrouvera dans la rue avec de grandes manifestations», prévient Julie Ferrua, co-déléguée générale de Solidaires.
«On a conscience qu’on n’aura pas des réponses à tout, mais il nous faut quelques signes», dit Cyril Chabanier, président de la CFTC, citant notamment «la traduction dans une loi» des points d’accord décrochés lors du conclave (pensions réévaluées pour les mères, abaissement de l’âge de décote notamment), «l’abandon d’une nouvelle réforme de l’assurance chômage, un coup de pouce sur les bas salaires ou l’abandon d’une année blanche pour les plus modestes».
«Ca va dans le bon sens pour le moment, Sébastien Lecornu répond aux sollicitations des syndicats c’est quand même un fait nouveau», salue de son côté François Hommeril, dirigeant de la CFE-CGC, sur BFMTV. «Je ne veux rien préjuger du résultat» mais «cette journée de mercredi sera décisive», a ajouté le syndicaliste. «Il faut qu’on ait des points relativement concrets sur lesquels le Premier ministre va s’engager à ne pas reprendre les éléments […] du budget préparé par François Bayrou», poursuit le leader.
Après la démonstration de force dans les rues, jeudi, Sébastien Lecornu avait fait savoir qu’il recevrait «à nouveau les forces syndicales». Peu après sa nomination, il avait déjà reçu les principaux leaders syndicaux - sauf Frédéric Souillot (FO) qui doit être reçu lundi à 11 heures.
Mise à jour : à 17 h 53, avec l’ajout des déclarations des dirigeants de Solidaires, de la CFTC et de la CFE-CGC.




