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Des marins grévistes bloquent un navire de croisière et ses 2 200 passagers à l’entrée de Marseille

De légers navires de sauvetage de marins grévistes bloquent l’arrivée du MSC Orchestra dans le port de Marseille depuis lundi 2 février au matin. La CGT demande à «sécuriser les emplois» et dénonce la concurrence déloyale de compagnies opérant sous pavillon étranger.

Le MSC Orchestra entre dans le port de Marseille, le 7 août 2022. (Gerard Bottino/SOPA Images.SIPA)
Publié le 02/02/2026 à 20h46

Après Gênes, Rome, Valence et Barcelone, Frédéric, Bourguignon en vacances, ne pensait pas rester bloqué en face de Marseille, sa voiture l’attendant sur le parking. «On voit le quai, puis on fait demi-tour», relate-t-il auprès de la Provence. Le MSC Orchestra, un navire de croisière en provenance de Barcelone, est bloqué depuis ce lundi 2 février matin, dans la rade du port de Marseille, où il devait faire une halte, par des marins en grève pour défendre le pavillon français en Méditerranée.

Des embarcations de sauvetage ont suffi pour bloquer le mammouth de 3 200 places, raconte la Marseillaise. A l’intérieur du navire, passagers et équipages s’adaptent à la situation, comme le rapporte la Provence. Les passagers ont préparé leurs bagages à deux reprises, le matin et l’après-midi pour débarquer… sans succès. Les employés qui devaient débaucher continuent de travailler, pour servir des repas improvisés, alors que la logistique ne prévoit normalement pas de repas voyageur le midi. Certains touristes sont agacés d’avoir raté des correspondances de train ou leurs excursions à Avignon ou Aix.

600 passagers français concernés

En tout, «600 passagers français attendent d’embarquer et de débarquer du navire et 2 200 passagers en transit se sont vus refuser la visite de la ville de Marseille», indiqué MSC Croisières, dans un communiqué. «Bien qu’il ait reçu l’autorisation d’entrer dans le port cet après-midi, le navire a de nouveau été bloqué alors qu’il s’approchait», a ajouté le croisiériste qui appelle les autorités françaises «à trouver une solution».

«L’action des grévistes est toujours en cours, nous bloquons toute entrée», a déclaré à l’AFP Frédéric Alpozzo, secrétaire général CGT des marins de Marseille. «On a proposé au navire de débarquer à Toulon», a précisé le syndicaliste.

Un porte-parole du Grand port maritime de Marseille confirme que le navire, dans lequel se trouvent notamment un spa, une salle de fitness et divers restaurants et qui peut accueillir plus de 3 200 passagers, était «encore en attente». L’accès nord du port de croisière est bloqué, en conséquence aucun navire ne peut accoster de ce côté.

«Contre ça, on ne peut pas lutter»

La CGT marins avait déposé la semaine dernière un préavis de grève de 48 heures débutant lundi matin afin de «sécuriser les emplois» notamment chez la Corsica Linea et la Méridionale. Le syndicat pointe du doigt l’arrivée de compagnies opérant sous pavillon étranger sur les lignes desservant le continent français avec le Maghreb et certaines destinations corses. Il accuse de concurrence déloyale ces compagnies employant des marins sous des conditions sociales moins-disantes.

«Les marins de ces bateaux n’ont pas de contrats français et sont payés entre 650 et 1 200 dollars par mois. Contre ça, on ne peut pas lutter», s’insurge M. Alpozzo. Il exige que l’Etat français force les compagnies à respecter la législation française quand les compagnies «viennent s’installer en France». «Il n’est pas normal que ces compagnies puissent utiliser un pavillon international», ajoute-t-il.

La CGT a avancé plusieurs revendications dont «l’arrêt des autorisations d’escale de Corsica Ferries sous pavillon international italien entre Sète et les ports de Corse», «l’interdiction du pavillon italien international sur les lignes territoriales françaises à passagers» ou encore «l’engagement écrit de l’État garantissant le financement des DSP [délégations de service public, ndlr] maritimes Corse-continent jusqu’à leur terme en 2030».

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