Il n’y aura pas d’augmentation à «deux chiffres» des factures d’électricité, a assuré ce dimanche la ministre de la Transition énergétique qui a vanté au passage les mérites de la réforme du marché européen de l’électricité et de la réorganisation du système de régulation en France. «Aujourd’hui, demain, il n’y aura plus des envolées des prix telles qu’on les a connues en 2022 grâce à notre action au niveau européen et grâce à notre action au niveau français», a fait valoir Agnès Pannier-Runacher en référence à deux accords clés conclus cet automne dans l’émission du Grand Jury RTL-M6-le Figaro.
Le 17 octobre, les Vingt-Sept se sont entendus sur une réforme du marché européen de l’électricité, sur fond d’âpres pourparlers entre Paris et Berlin sur le nucléaire, qui doit permettre de limiter la volatilité des cours sur les marchés. Par ailleurs, en France, EDF et le gouvernement ont trouvé un accord mi-novembre fixant le prix de référence de l’électricité nucléaire vendue par l’opérateur historique à 70 euros le MWh à partir de 2026.
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«Aujourd’hui, nous reprenons le contrôle sur le prix de l’électricité et nous le reprenons avec des augmentations qui ont vocation à suivre […] notre coût de production d’électricité, le coût du nucléaire, le coût de l’ensemble de notre réseau et qui est déconnecté du coût des fossiles», a souligné la ministre. En 2022, dans le sillage de la guerre en Ukraine, l’envolée des prix du gaz avait entraîné vers des sommets ceux de l’électricité. En septembre, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, avait déjà assuré qu’une hausse des tarifs réglementés de 10 % à 20 % était «exclue» lors de la prochaine réévaluation en février.
L’Etat prend encore en charge 37 % de la facture d’électricité des Français dans le cadre du bouclier tarifaire mis en place à l’automne 2021 pendant la crise énergétique mais cette protection est appelée à se réduire progressivement «courant 2024» alors que les prix sur les marchés de l’électricité «sont en train de baisser». La ministre a toutefois répété ce dimanche que l’objectif était «effectivement de limiter la facture d’électricité à 10 % d’augmentation» début 2024, même si la commission de régulation de l’énergie (CRE) était amenée à préconiser une hausse du tarif réglementé plus importante.