Après l’annonce surprise du départ de son directeur général Dolf Van den Brink, en poste depuis six ans, le brasseur néerlandais a déclaré dans un communiqué, ce mercredi 11 février, qu’il allait «accélérer la productivité à grande échelle afin de réaliser des économies importantes, en supprimant 5 000 à 6 000 postes au cours des deux prochaines années».
«Nous restons prudents dans nos prévisions à court terme concernant les conditions du marché de la bière», a déclaré Dolf Van den Brink, aux manettes jusqu’au 31 mai. Lors d’un appel avec les journalistes, le dirigeant a déclaré ressentir «des sentiments mitigés» concernant son départ. Il avait reconnu en janvier avoir guidé l’entreprise «à travers une période économique et politique turbulente». Pour justifier son plan de licenciement de masse, l’entreprise aux célèbres canettes vertes a mentionné des «conditions de marché difficiles».
Les dirigeants de Heineken, qui chapeautent 87 000 personnes dans le monde, ont refusé de préciser où auront lieu la plupart des suppressions d’emplois, mais le directeur financier Harold Van den Broek a laissé entendre qu’elles concerneraient l’Europe. Le continent «représente une part importante de notre activité», a-t-il déclaré aux journalistes, ajoutant que les «résultats financiers» montraient «qu’il est très difficile d’y obtenir un bon effet de levier opérationnel». En octobre, Heineken avait déjà annoncé la suppression ou le transfert de 400 emplois dans le cadre d’une réorganisation majeure de son siège social à Amsterdam afin de tirer parti des nouvelles technologies.
Chiffre d’affaires en baisse
«Ma priorité pour les mois à venir est de laisser Heineken dans la position la plus forte possible», a déclaré Dolf Van den Brink, alors que son groupe connaît des difficultés. En 2025, le deuxième brasseur mondial derrière AB InBev a affiché une baisse de 2,4 % de ses volumes globaux de bière, particulièrement ressentie en Europe et en Amérique. Le chiffre d’affaires s’est établi à 34,4 milliards d’euros, contre les 36 milliards enregistrés en 2024, soit un recul de 4,4 %.
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Le bénéfice net avant éléments exceptionnels et amortissements des actifs liés aux acquisitions, qui prend en compte toutes les dépenses, notamment les intérêts et les impôts, est quant à lui en stagnation. En 2025, il s’élevait à 2,7 milliards d’euros, comme l’année précédente.




