Deux semaines après une demande formelle des syndicats en ce sens – ceux des salariés mais aussi les représentants des patrons, à l’exception du Medef –, le gouvernement recule sur le projet de durcissement du régime de l’assurance chômage envisagé cet été par François Bayrou. Dans un courrier envoyé samedi soir aux organisations syndicales par le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, et que les Echos et le Monde ont pu consulter, ce dernier annonce en effet retirer cette réforme, sous réserve qu’une négociation sur les contrats courts et les ruptures conventionnelles soit entamée en janvier.
L’idée avait été suggérée par les syndicats eux-mêmes dans une lettre au Premier ministre, Sébastien Lecornu, le 14 novembre. La réponse, positive, est donc venue d’un de ses ministres. Le retrait sera effectif, selon Jean-Pierre Farandou, dès lors que syndicats et patronat auront «formalisé» leur «engagement» de négocier sur les contrats courts et les ruptures conventionnelles. Il fixe aussi pour objectifs qu’un accord ait été trouvé avant «la fin du mois de janvier» pour «au moins 400 millions d’euros [d’économies] par an». En cas de non-respect de ces délais et «au regard du contexte dégradé des finances publiques», le ministre prévient que le gouvernement «serait conduit à prendre à nouveau ses responsabilités».
Dans sa lettre de cadrage, en août, le gouvernement Bayrou avait demandé aux syndicats négocier une nouvelle convention d’assurance chômage en réalisant 2 à 2,5 milliards d’euros d’économies par an entre 2026 et 2029. Elle fixait le 15 novembre comme date butoir pour un accord, mais les discussions n’ont jamais eu lieu. Cette lettre avait été jugée inacceptable par les syndicats notamment en raison de l’ampleur des efforts demandés, alors que les principales règles de la dernière réforme, datant de novembre 2024, étaient entrées en vigueur en avril, en théorie pour quatre ans.
Concernant les demandes de Farandou, syndicats et patronat ont rendez-vous mercredi à l’Unédic pour une réunion censée donner le départ de ces nouveaux pourparlers. Mais pour le moment, ni le Medef ni l’Union des entreprises de proximité (U2P) ne souhaitent y participer.




