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Libération
Mouvement social

Les contrôleurs aériens français annoncent une nouvelle grève le 18 septembre

Le SNCTA, syndicat majoritaire, évoque un «échec du dialogue social» dans un communiqué publié le 26 août.
A Roissy Charles-de-Gaulle, le 3 juillet. (hibaud Moritz/AFP)
publié le 28 août 2025 à 18h59

Après plusieurs journées de grève au cours des derniers mois à l’appel de différentes organisations syndicales, le SNCTA (60 % des voix dans la profession) prévoit de déposer un préavis de grève nationale au matin du 18 août à la fin du service de nuit le lendemain.

Dans un communiqué publié sur son site internet le 26 août, le syndicat majoritaire chez les contrôleurs aériens français évoque un «échec du dialogue social». «Depuis plusieurs mois, le SNCTA alerte la DGAC [Direction générale de l’Aviation civile, ndlr] et les pouvoirs publics sur deux sujets majeurs : le rattrapage de l’inflation 2024 et la gouvernance de la direction des opérations», est-il indiqué dans le document.

Le syndicat juge avoir «privilégié» un dialogue qui s’avère «infructueux». Il avance que «le contrôle aérien français […] est régi par des plans de performance qui prévoient une compensation automatique de l’inflation». Le SNCTA reproche aux pouvoirs publics de «refuser» d’appliquer un mécanisme qui «ne coûte rien au contribuable» et dont bénéficient leurs confrères européens. Il dénonce une perte de pouvoir d’achat pour les contrôleurs aériens. «Le comité national exige la mise en œuvre immédiate du rattrapage intégral de l’inflation 2024 ainsi que l’instauration, sans délai, d’un rendez-vous annuel traitant de l’inflation», insiste le communiqué.

«Méthodes managériales dégradantes»

L’organisation syndicale déplore également que «la gouvernance du contrôle aérien s’inscri[ve] dans une relation marquée par de la défiance, des pratiques punitives et des méthodes managériales dégradantes». Le SNCTA réclame une refonte du management de la direction des exploitations, en estimant que «les conditions nécessaires pour travailler en partenaires ne sont plus réunies».

Plusieurs aéroports français comme Montpellier ou Perpignan avaient été paralysés le 17 décembre 2024 après un appel à la grève du SNCTA. Mais le syndicat majoritaire n’avait pas appelé à la grève lors de la mobilisation des 3 et 4 juillet, à l’appel de l’UNSA-ICNA et de l’USAC-CGT. Celle-ci avait provoqué l’annulation de près de 3 000 vols et de nombreux retards, affectant des centaines de milliers de personnes en France et dans le reste de l’Europe. Cette importante perturbation du trafic au début des vacances d’été avait fait perdre «des millions d’euros» aux compagnies. François Bayrou avait jugé «choquant» le mouvement, accusant les grévistes de «prendre en otages» les vacanciers.