Cette rupture conventionnelle, Louis (1) n’en voulait pas. Après cinq ans de doctorat fin 2023, le trentenaire obtient son premier emploi dans une agence d’architecture en région parisienne. «C’était inespéré de trouver un poste qui collait autant à mon expertise, j’étais content d’être enfin dans le concret et de me sentir utile», se souvient-il. Alternant entre travail en agence et sur le terrain, Louis avait de bons retours de ses collègues et ne voyait pas ses semaines passer. Son épanouissement professionnel a pris fin malgré lui, en visio, un an jour pour jour après le début de son contrat, lors de son entretien annuel. «Ma responsable qui pilotait l’agence depuis l’étranger m’a parlé de rupture conventionnelle. Elle n’avait pas de raison apparente pour se séparer de moi, mis à part le fait qu’elle ne m’appréciait pas, explique-t-il la gorge nouée. J’ai accepté car on m’a fait comprendre que je n’avais pas le choix.» L’expérience l’a vacciné : il s’est lancé à son compte et ne veut plus jamais «remettre les pieds dans une agence».
Travail
Licenciements déguisés en ruptures conventionnelles : «On m’a mis la pression pour que je prenne la porte»
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Dans un courrier envoyé aux syndicats samedi 29 novembre, le ministre du Travail annonce l’abandon de la réforme assurance chômage dans les tuyaux, à condition de faire aboutir des négociations sur les ruptures conventionnelles, qui peuvent camoufler les démissions mais aussi les licenciements.
Selon l’Unédic, en 2024, 515 000 ruptures conventionnelles individuelles ont été signées en France. (wera Rodsawang/Getty Images)
ParMargo Magny
Publié le 01/12/2025 à 16h18
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