C’est le nouveau gimmick du gouvernement, inscrit en tête de l’exposé des motifs de son projet de loi sur le «fonctionnement du marché du travail en vue du plein-emploi», débattu de lundi à mercredi à l’Assemblée nationale : face aux difficultés de recrutement «bien plus importantes qu’avant la crise», et alors qu’«une part grandissante des chefs d’entreprise déclarent limiter leur activité faute de candidats disponibles», il y aurait «urgence» à modifier les règles de l’assurance chômage. Et de les rendre donc, lorsque la conjoncture économique est favorable, plus «incitatives» à la reprise d’activité – en accord avec cette vieille croyance libérale selon laquelle il suffirait de durcir l’accès à l’indemnisation pour réduire le chômage. Une vision dénoncée en bloc par l’ensemble des centrales syndicales. Car si les difficultés de recrutement sont à un niveau élevé – elles concernent 57 % des entreprises selon la Banque de France –, les causes de l’inadéquation entre offre et demande de travail, propres à chaque territoire, sont complexes et dépassent largement la seule question de l’indemnisation des chômeurs.
A Guingamp (Côtes-d’Armor)
Le secteur agroalimentaire en mal de bras
Dans la zone industrielle de Bellevue, à Guingamp, les fleurons locaux de l’agroalimentaire s’alignent le long de l’avenue de l’Hippodrome. Quelques-uns étalent leur désarroi : «Daun




