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Manque de main-d’œuvre: «Nous n’avions jamais consacré autant de temps et d’énergie aux recrutements»

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Comme d’autres secteurs, l’agroalimentaire, le transport et l’ingénierie manquent de main-d’œuvre. L’exécutif, dont le projet de loi sur le «plein-emploi» est en débat à l’Assemblée, argue d’une indemnisation du chômage trop généreuse. Mais sur le terrain, la réalité est plus complexe.

Le 14 septembre, le fabricant de puces STMicroelectronics organisait un job dating dans les locaux du stade des Alpes, à Grenoble. (Pablo Chignard /Libération)
ParStéphanie Maurice
correspondante à Lille
François Carrel
correspondant à Grenoble
Elodie Auffray
Publié le 04/10/2022 à 6h37

C’est le nouveau gimmick du gouvernement, inscrit en tête de l’exposé des motifs de son projet de loi sur le «fonctionnement du marché du travail en vue du plein-emploi», débattu de lundi à mercredi à l’Assemblée nationale : face aux difficultés de recrutement «bien plus importantes qu’avant la crise», et alors qu’«une part grandissante des chefs d’entreprise déclarent limiter leur activité faute de candidats disponibles», il y aurait «urgence» à modifier les règles de l’assurance chômage. Et de les rendre donc, lorsque la conjoncture économique est favorable, plus «incitatives» à la reprise d’activité – en accord avec cette vieille croyance libérale selon laquelle il suffirait de durcir l’accès à l’indemnisation pour réduire le chômage. Une vision dénoncée en bloc par l’ensemble des centrales syndicales. Car si les difficultés de recrutement sont à un niveau élevé – elles concernent 57 % des entreprises selon la Banque de France –, les causes de l’inadéquation entre offre et demande de travail, propres à chaque territoire, sont complexes et dépassent largement la seule question de l’indemnisation des chômeurs.

A Guingamp (Côtes-d’Armor)

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