Conserves, pâtes, shampooings : les banques alimentaires lancent ce vendredi 28 novembre leur opération annuelle de collecte de produits essentiels, à destination de 2,4 millions de personnes précaires accompagnées par des associations partenaires.
Au cours de cette opération, qui se tient jusqu’au dimanche 30 novembre, le grand public est invité à acheter des produits alimentaires et d’hygiène, et à les déposer dans l’un des 8 000 points de collecte en France (magasins, supermarchés, écoles, mairies, entreprises). Les banques alimentaires redistribueront ensuite ces produits à plus de 6 000 associations partenaires, parmi lesquelles la Croix-Rouge française, le Secours populaire ou encore les Petits Frères des pauvres.
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«En ce moment, la demande est forte et nos rayons sont très vides, nous sommes notamment à court d’huile et nous avons besoin de produits pour bébés», a expliqué à l’AFP le président de la Fédération française des banques alimentaires (FFBA), Jean-Louis Duprez.
Le nombre de bénéficiaires a augmenté au fil des ans : ils étaient 1,9 million il y a cinq ans, contre presque 2,5 millions aujourd’hui. «C’est l’impact de la crise inflationniste, l’inflation alimentaire, mais aussi l’inflation énergétique et le coût du logement. Le budget alimentation est pris en tenaille, il est réduit et donc on a recours à l’aide alimentaire», a décrit sur France Info ce matin la secrétaire générale de la FFBA, Barbara Mauvilain-Guillot.
128 000 tonnes de produits récoltés chaque année
Parmi eux, «il y a toujours des personnes seules avec enfants, des personnes âgées avec une faible retraite mais, depuis quelques années, on voit aussi des personnes en CDI qui ont du mal à joindre les deux bouts, à cause de l’inflation», détaille le président de la Fédération à l’AFP.
Ce dernier s’est également exprimé ce vendredi 28 novembre sur France Inter, où il a assuré que pour le moment, «nous ne refusons personne, nous ne diminuons pas les quantités». Il alerte néanmoins sur le fait que les banques alimentaires sont «tributaires des financements publics et des financements privés donc nous suivons avec intérêt les débats budgétaires».
Barbara Mauvilain-Guillot s’inquiète de «la baisse des crédits dans les territoires, des départements ou des crédits déconcentrés de l’Etat», qui ont causé l’année dernière «une perte d’à peu près 2,5 millions d’euros pour notre réseau». Jean-Louis Duprez réaffirme sa «confiance» aux députés : «l’Etat nous a délégué cette mission de service public d’aide alimentaire. L’Etat ne peut pas nous laisser tomber. C’est impossible. Qu’est-ce qui se passerait si nous n’étions pas là ?» interroge-t-il.
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La collecte auprès du grand public représente environ 10 % de l’approvisionnement, avec l’option de donner en ligne via la plateforme Monpaniersolidaire.org. Le reste provient de produits récupérés auprès des grandes surfaces, de l’industrie agroalimentaire et des agriculteurs, avec le soutien de l’Etat et de l’Union européenne. Au total, la Fédération indique collecter et acheter chaque année sur tout le territoire plus de 128 000 tonnes de produits, soit l’équivalent de 223 millions de repas.




