Portes closes et vannes coupées, l’ouvrage massif en béton est toujours à sec. Depuis jeudi dernier, les salariés de la Compagnie nationale du Rhône (CNR) tiennent un piquet de grève à quelques pas de l’écluse de Reventin-Vaugris (Isère), à 30 km au sud de Lyon, pour protester contre la réforme des retraites. L’installation avait été vidée dix jours plus tôt pour un entretien annuel. Depuis, «rien n’a bougé et on compte bien que demain, rien ne bouge», lance ce jeudi Delphine Peyron, assistante logistique et déléguée CGT, lors de l’AG quotidienne : «Il faut qu’on continue à se faire entendre, on a tenu nuit et jour, bravo à tous !» Reventin-Vaugris est l’un des 19 aménagements de la CNR sur le Rhône. L’usine hydroélectrique implantée sur le barrage continue, elle, de produire ses 70 mégawatts par heure.
Mais le blocage de l’écluse empêche le passage des bateliers sur le fleuve. D’ordinaire, une vingtaine de péniches de fret transitent chaque jour, chargées de matières premières alimentaires ou industrielles. En aval du fleuve, une autre écluse a été bloquée, à Bollène (Vaucluse). «On est déterminés, on fait front, on attend encore que Macron ouvre les yeux et on veut des garanties de nos employeurs sur notre statut, pour commencer à avancer sur un cale




