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Billet

«Respecter» un accord majoritaire en cessant la grève ? Le gouvernement n’est pas à un paradoxe près

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Depuis une semaine, plusieurs membres de l’exécutif répètent qu’une fois des accords majoritaires signés chez TotalEnergies et Esso-ExxonMobil, la grève dans les raffineries aurait dû cesser. Un argument trompeur et contradictoire avec les pratiques de la Macronie.

Mobilisation de salariés de la raffinerie Esso-ExonMobbil à la Fos-sur-Mer le 11 octobre. (Nicolas Tucat/AFP)
Publié le 18/10/2022 à 15h45

En Macronie, il en va de la vie sociale dans l’entreprise comme de la vie politique dans le pays : une fois qu’une majorité s’est dégagée, les autres sont plus ou moins gentiment priés de se taire. C’est ainsi que, pour discréditer la grève qui continue dans quatre raffineries et plusieurs dépôts de TotalEnergies, le gouvernement recourt à un argument central, ainsi résumé par Elisabeth Borne dimanche soir sur TF1 : «Il y a eu un accord majoritaire qui a été signé [dans la nuit du 13 au 14 octobre par la CFDT et la CFE-CGC, ndlr]. Je demande aux salariés qui restent en grève malgré cet accord majoritaire de respecter l’accord majoritaire, et de ne pas bloquer le pays.»

Il faut voir comme la Première ministre insiste sur cette idée – elle l’a répétée trois fois : «respecter» un accord «majoritaire» imposerait de lever la grève. Certes, elle ne dit pas que la grève est illégale. Mais elle sous-entend lourdement qu’elle devient de fait «inacceptable» et «illégitime», termes employés

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