Le ministre du Travail commence à faire machine arrière. Jean-Pierre Farandou s’est dit ouvert samedi à une «suspension» de la suppression de la prime de Noël pour les foyers éligibles sans enfants, si une recette compensatoire est trouvée dans le budget 2026.
«Je suis en train de réfléchir à comment cette proposition pourrait évoluer», a déclaré le ministre du Travail sur BFMTV. «S’il y a une recette qui vient compenser les effets de cette proposition, je n’aurais pas de grandes difficultés à envisager sa suspension», a ajouté Jean-Pierre Farandou.
Austérité
D’un montant de 150 euros pour une personne seule, cette aide sociale est versée habituellement à l’ensemble des bénéficiaires du RSA et aux chômeurs en fin de droits. Mais dans le cadre des discussions sur le budget 2026, le gouvernement a, à plusieurs reprises, avancé l’hypothèse qu’elle ne pourrait être versée l’année prochaine qu’aux foyers avec des enfants. Le projet de loi de finances prévoit ainsi d’accorder 261,5 millions d’euros de crédits pour financer la prime de Noël 2026, contre 466,5 millions d’euros en 2025 (soit une baisse d’environ 45 % sur un an).
Un dispositif pour «ceux qui croient encore au Père Noël»
Réserver la prime de Noël aux allocataires de minima sociaux ayant des enfants avait été jugé «honteux» et «mesquin» par la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet. Son homologue de la CFDT Marylise Léon a considéré que cette prime n’est ni «de la générosité» ni «un luxe», alors que le ministre du Travail avait justifié cette suppression partielle de la prime de Noël pour des raisons budgétaires.
«L’Etat français a été très généreux», avait estimé mardi sur France Inter Jean-Pierre Farandou, ajoutant qu’il n’était «pas sûr que notre pays ait les moyens de poursuivre ces politiques de générosité maximale. Il faut donc accepter un recentrage», avait-il dit.
Mercredi, le ministre de l’Economie Roland Lescure avait jugé pas «choquant» de réserver la prime de Noël aux allocataires de minima sociaux qui ont des enfants. «On propose de recentrer le dispositif sur ceux qui croient encore au Père Noël, ça semble assez raisonnable», avait-il déclaré sur LCI, estimant que cette mesure devrait permettre d’économiser «quelques millions d’euros».




