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Précarité

«Une déclaration de guerre aux jeunes» : la CGT vent debout contre le CDI pouvant être rompu plus facilement proposé par le Medef

La principale organisation patronale a proposé la création d’un nouveau contrat indéterminé, qui pourrait être rompu sans motif les premières années. La CGT l’a dénoncé dans un communiqué ce 31 janvier, tandis que l’Unef appelle à se mobiliser contre.

Patrick Martin, président du Medef, sur scène lors de la Nuit de la Nouvelle République à Paris, en France, le 27 janvier 2026. (Daniel Perron/Hans Lucas. AFP)
Publié le 31/01/2026 à 12h57, mis à jour le 31/01/2026 à 17h23

Précariser un peu plus les jeunes salariés pour les rendre plus attractifs aux yeux des employeurs. C’est peu ou prou la proposition faite par le Medef, dans l’objectif de lutter contre le chômage de cette population. A l’occasion d’une réunion entre patronat et syndicats, l’organisation patronale a proposé de créer un CDI pouvant être rompu plus facilement. Une «déclaration de guerre aux jeunes et aux salariés», a fustigé la CGT samedi 31 janvier.

Selon les documents consultés par l’AFP, le Medef suggère que cette nouvelle forme de CDI «puisse être rompu [e] sans motif pendant les premières années» suivant l’embauche, avec «une indemnisation croissante en lien avec l’ancienneté du salarié en cas de rupture».

Ce dispositif, en plus de fragiliser la sécurité des salariés concernés, ressemble au très contesté «contrat première embauche» (CPE). Créé en 2006 par le Premier ministre d’alors, Dominique de Villepin, il avait généré une mobilisation historique et amené le gouvernement à le supprimer avant son application. «Alors que nous fêtons cette année les 20 ans de la victoire contre le CPE, le Medef ose remettre le couvert» et «réussit à faire pire que le CPE qui avait deux ans de période d’essai», dénonce la CGT dans son communiqué. Elle «refusera catégoriquement de s’engager dans toute négociation qui comporte ces éléments».

«Nous saurons nous mobiliser massivement»

L’Unef, qui représente les étudiants, est aussi rapidement montée au créneau. Elle «appelle l’ensemble de la jeunesse, étudiante et travailleuse, à se mobiliser contre ces attaques inacceptables». Et prévient, dans son communiqué publié samedi : «Si le gouvernement ou le patronat tentent d’imposer ces attaques contre notre camp social, nous saurons, comme en 2006, nous mobiliser massivement pour les faire reculer.»

Même son de cloche du côté de l’association Attac : «En 2026 on ne veut toujours pas de contrats au rabais pour les jeunes !» a dénoncé sur X son porte-parole Raphaël Pradeau.

Ces pistes sont formulées au moment où le dialogue entre partenaires sociaux a repris cette semaine sur de nombreux sujets, notamment la revalorisation des retraites complémentaires et l’assurance chômage.

Le niveau du Smic dans le viseur

Joint par l’AFP vendredi, le Medef a souligné qu’il ne s’agissait pour l’heure que de «propositions pour nourrir le débat». Dans ses notes figuraient d’ailleurs d’autres suggestions : le Smic, par exemple, «qui peut parfois constituer un frein à l’emploi pour les primo-entrants».

Le Medef propose, pour un «public cible» dans une «durée limite» et «potentiellement par la négociation collective», «d’adapter ce niveau de rémunération», dans une logique «d’incitation à l’embauche et d’adéquation entre le niveau de rémunération et les compétences de primo-entrants.» Pour l’Unef, il s’agit surtout d’une «discrimination pure et simple fondée sur l’âge» qui «précariserait davantage des centaines de milliers de jeunes déjà confrontés à une précarité qui explose et à des conditions de travail déplorables».

L’organisation patronale suggère aussi de renforcer les «engagements en matière de formation professionnelle», d’abaisser «en deçà d’un certain âge» la durée minimale des contrats à temps partiel, de supprimer les délais de carence entre deux CDD ou encore d’augmenter leur durée légale.

Mise à jour à 17 h 08 avec la réaction de l’Unef.
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