On savait que l’année 2025 serait sombre pour Stellantis, et les résultats du deuxième semestre annoncés ce vendredi 6 février le confirment. Le constructeur automobile a annoncé qu’il allait passer «des charges exceptionnelles d’environ 22 milliards d’euros» dans ses résultats 2025, essentiellement pour «refléter l’impact d’une surestimation significative du rythme de l’électrification» du secteur. Cette manœuvre engendre entre 19 et 21 milliards d’euros de pertes sur le résultat net du groupe au deuxième semestre, après une perte de 2,3 milliards au premier. Et le géant de l’automobile de prévenir : «Stellantis s’engage à défendre la liberté de choix, y compris pour les clients dont le mode de vie ou les besoins professionnels font de notre gamme croissante de véhicules hybrides et thermiques avancés la solution la plus adaptée.» En d’autres termes, la pause sur l’électrique est confirmée.
«C’est le coût d’un reset profond mais nécessaire de notre entreprise pour remettre les clients au centre de tout ce que nous faisons et pour soutenir une croissance rentable», a expliqué l’entreprise, qui avait dégagé un bénéfice net de 5,5 milliards d’euros en 2024, déjà en baisse de 70 %. Ces charges massives, qui feront mécaniquement passer le groupe dans le rouge, équivalent presque au cumul des bénéfices nets 2023 (18,6 milliards) et 2024. En conséquence directe, le cours du titre a plongé dans la matinée jusqu’à 18 % à la Bourse de Paris, notamment parce que le groupe annonce également qu’il ne versera pas de dividende annuel en 2026. Le résultat opérationnel du deuxième semestre oscillera, lui, entre -1,2 à -1,5 milliard d’euros.
17 % de baisse en 2024
Stellantis a subi plusieurs revers ces dernières années, notamment une baisse de ses ventes en volume et des problèmes techniques liés à ses moteurs à essence Puretech et aux airbags Takata. Son chiffre d’affaires 2024 avait baissé de 17 % à 156,9 milliards d’euros. Les résultats 2025 consolidés seront annoncés le 26 février.
Filosa et son équipe «ont exploré tous les recoins de l’entreprise et apportent les changements nécessaires» pour «une croissance rentable», assure le groupe, pour qui «ces actions, initiées en 2025, donnent déjà des premiers résultats encourageants». Malgré tout, quelques rayons de soleil sont apparus en 2025, avec notamment une hausse des ventes de véhicules au deuxième semestre de 11 % sur un an, dont un + 39 % en Amérique du Nord, particulièrement scruté par les actionnaires.
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Le cinquième constructeur mondial qui l’an dernier a remplacé son PDG Carlos Tavarès par Antonio Filosa martèle d’ailleurs depuis quelques semaines sa volonté de changer de stratégie, en baissant ses prix afin de regagner des volumes de ventes, une orientation qui doit être confirmée et, surtout, détaillée lors de la présentation du plan stratégique le 21 mai.
En dehors de la sortie de la stratégie de la valeur, une autre chose est certaine : le développement de l’électrique va décélérer. «Les charges exceptionnelles que nous publions aujourd’hui illustrent avant tout le prix d’une erreur d’appréciation collective : avoir surestimé la vitesse à laquelle la transition énergétique pouvait s’opérer, ce qui nous a progressivement éloignés des attentes, des budgets et des aspirations concrètes de nombreux automobilistes», assure Antonio Filosa, le patron du groupe depuis l’an dernier, avant d’ajouter que «ces coûts reflètent également l’héritage d’une exécution opérationnelle défaillante dans le passé».
Dans son communiqué, Stellantis annonce explicitement l’abandon du Ram 1500 100 % électrique mais aussi, dans un autre communiqué publié ce vendredi, la cession des 49 % qu’il avait dans un projet de batterie avec le sud-coréen LG au Canada, un projet à plus de 5 milliards de dollars canadiens. Il reste désormais à attendre le plan stratégique de Filosa pour comprendre l’ampleur du changement sur les prix mais aussi sur la nécessaire électrification du parc automobile.




