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Petit pas

Suspension de la réforme des retraites : le gouvernement va déposer un amendement pour inclure les carrières longues

L’annonce, faite par la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, figurait parmi les réclamations de certaines oppositions de gauche et des syndicats, alors que le texte va revenir à l’Assemblée mercredi 12 novembre.

L'Assemblée nationale le 8 novembre. (Stephane de Sakutin/AFP)
Publié le 10/11/2025 à 22h18

La politique des petits pas se poursuit. Après avoir obtenu la non-censure des socialistes en suspendant la réforme des retraites, le gouvernement abat une autre carte destinée à répondre à une réclamation d’autres formations de gauche au Parlement. «Le gouvernement déposera d’ici à mercredi un amendement afin de permettre à l’Assemblée de débattre […] de la question des carrières longues», a ainsi affirmé la porte-parole Maud Bregeon sur BFM TV lundi 10 novembre.

Les députés doivent discuter mercredi, pour leur dernier jour d’examen du projet de budget de la Sécurité sociale, de la suspension de la réforme des retraites qui, à ce stade, ne concerne que les retraités de droit commun. Si les socialistes ont validé samedi soir la partie recettes en compagnie du bloc central, leurs alliés communistes et écologistes se sont majoritairement abstenus. Le vote pourrait dès lors changer avec ce geste du gouvernement, qu’ils réclament, à l’instar des formations syndicales, depuis la non-censure du gouvernement Lecornu II.

Retour au Parlement mercredi

Après l’annonce de Maud Bregeon, son cabinet a ensuite précisé que l’amendement déposé par le gouvernement détaillerait les publics concernés et serait soumis pour débat au Parlement qui tranchera. La déclaration intervient quelques jours après que le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou avait indiqué que le Premier ministre était «ouvert à un élargissement des personnes concernées» par la suspension de la réforme, notamment les carrières longues. Ces dernières concernent les assurés pouvant partir un, deux voire trois ans avant les autres selon l’année de naissance et le nombre de trimestres cotisés.

Pour financer cette extension, Maud Bregeon s’est toutefois fendu d’une «mise en garde» aux oppositions, alors que la suspension de cette réforme coûtera 1,4 milliards d’euros en 2026. «Les impôts et les taxes ne peuvent pas être réponse à tout, tout le temps.» Elle s’est ainsi dite «prête à des mesures alternatives» à la hausse des franchises médicales, rejetée par l’Assemblée, qui soient «financées par des économies» et pas par «de nouvelles propositions de taxes».

Si l’examen du projet de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) n’est pas terminé mercredi, le texte sera quoi qu’il arrive transmis au Sénat en raison des délais constitutionnels. Si le vote a bien lieu, son adoption dépendra en grande partie des abstentions, et donc des voix communistes et écologistes.

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