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Après une année faste en Europe, les ventes de voitures 100 % électrique battent un nouveau record en France en janvier

Grâce notamment au leasing social, le nombre de ventes de véhicules électriques a continué de progresser en janvier dans un marché global pourtant dans le rouge. La Renault 5 reste la star du zéro émission comme la 208 toutes motorisations confondues, signe que les Français cherchent surtout de petites voitures.

Une Mobilize de Renault au salon de l'automobile à Paris en 2024. (Albert Facelly/Libération)
Publié le 01/02/2026 à 10h05

L’année 2026 commence comme la précédente s’est terminée pour les voitures électriques. Selon les données du cabinet d’études AAA Data, la part de voitures électriques a culminé à 28 % au mois de janvier contre 17 % au même mois l’an dernier. Ce mois record est boosté par les livraisons des véhicules commandés dans le cadre du leasing social, dont les commandes ont commencé fin septembre, ce qui montre, si besoin en était, que le prix reste le principal frein à l’achat. Cette tendance est confirmée partout en Europe, puisque l’année 2025 a là aussi marqué une poussée sans précédent, avec 17,4 % de parts de marché, même si les pays d’Europe du Nord et de l’Ouest restent très en avance.

Une année dans le rouge

Dans le détail, c’est de nouveau la Renault 5, de loin la plus vendue en France l’an dernier, qui domine toujours le classement, avec près de 4 000 ventes, deux fois plus que son poursuivant le Renault Scénic et près de trois fois plus que la Peugeot e208. La marque au losange continue donc de dominer le classement du 100 % électrique (+ 67 % sur un an), devant deux filiales du groupe Stellantis, Peugeot (+ 52 %) et Citroën (+ 41 %) et Volkswagen (+ 93 %), des marques qui proposent toutes des véhicules à prix moins élevés que la moyenne du marché, toutes motorisations confondues.

«Le pic de voitures électriques enregistré en janvier montre l’influence des aides à l’achat et brouille la lecture du marché, tempère Marie-Laure Nivot, analyste chez AAA Data. L’effet du leasing social sur les immatriculations, combiné au bonus plus généreux, joue pleinement en janvier sur le canal des particuliers et va se poursuivre sur le trimestre avant de s’estomper.»

Après une année déjà dans le rouge pour le marché de l’automobile, le mois qui vient de s’écouler est le «plus bas en janvier depuis quinze ans, hors crise des semi-conducteurs en 2022», a assuré un représentant de La Plateforme automobile, le lobby du secteur en France. Encore dominées par les hybrides non rechargeables, les ventes ont ainsi reculé de 7 % par rapport à janvier 2025, mais de -2 % à nombre de jours ouvrés équivalents. Dans ce marché, c’est toujours la Peugeot 208 qui est la plus vendue, ce qui montre, comme pour le leasing social dans l’électrique, que les voitures les moins chères sont celles qui sont les plus recherchées par les automobilistes, même en neuf.

«Seules les électriques en croissance»

Cette dégringolade du marché en janvier s’explique avant tout par celle du nombre de véhicules achetés par les flottes (-15 %), donc les entreprises, qui, traditionnellement, accélèrent en fin d’année qu’en début, mais aussi par la chute continue des motorisations essence et diesel, ce qui fait que «seuls les électriques sont en croissance en janvier», selon AAA Data. Une tendance qui s’observe également sur le marché de l’occasion (autour de -13 % en janvier), même si elles contribuent toujours à 82 % des ventes.

Ce mois de janvier signe enfin une autre chute fulgurante, celle de Tesla, qui est passé de 3 118 véhicules vendus en janvier 2024 à… 661 le mois dernier. Signe que le prix n’est pas la seule variable, et que l’engagement à l’extrême droite d’un patron peut aussi jouer.

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