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Rebond

Boeing redresse le nez pour la première fois depuis 2018 après une cession de 10 milliards d’actifs

L’avionneur américain, qui traverse une profonde crise depuis sept ans, a présenté ce mardi 27 janvier un bilan pour la première fois dans le vert sur cette période.

Des Boeing 737 dans l'usine de Renton, dans l'Etat du Washington, en avril 2025. (Jason Redmond /AFP)
Publié le 27/01/2026 à 17h51

Ce n’est pas encore un franc succès mais c’est un redressement. Le groupe aéronautique américain Boeing a annoncé mardi 27 janvier un bénéfice net annuel, le premier depuis 2018, grâce à une cession d’actif mais aussi à la reprise de ses livraisons après une crise profonde liée à la qualité de sa production.

Le bénéfice net ressort ainsi à 1,89 milliard, grâce au gain de près de 10 milliards de dollars avec la cession de Digital Aviation Solutions. En 2024, le groupe avait perdu 11,87 milliards de dollars, ce qui portait le total de ses pertes depuis 2019 à 35,74 milliards de dollars, selon un calcul de l’AFP.

«Nous pouvons faire preuve d’optimisme»

Boeing a cumulé les difficultés depuis deux crashes du 737 MAX 8 en octobre 2018 et mars 2019, qui ont fait 346 morts au total, ainsi qu’un incident en vol en janvier 2024 sur un 737 MAX 9, qui n’a fait que des blessés légers, et une grève de plus de cinquante jours dans deux usines cruciales à l’automne 2024. Sans oublier le crash d’un 787 de la compagnie Air India qui a fait 250 victimes.

Les résultats publiés mardi «illustrent le fait que nous sommes sur la bonne voie pour restaurer la confiance et retrouver le Boeing que tout le monde attend», a commenté Kelly Ortberg, patron de l’avionneur, dans un message aux employés. «Il y a beaucoup de choses grâce auxquelles nous pouvons faire preuve d’optimisme», a affirmé celui qui a pris les commandes du groupe à l’été 2024 et avait promis de rectifier le tir après avoir reconnu de «graves faux pas» dans l’entreprise.

«Tandis que nous continuons à nous remettre en piste, nous devons rester concentrés sur l’objectif de livrer à nos clients des produits et des services sûrs, de haute qualité et dans les temps, à avancer dans les programmes à prix fixe de BDS [branche Défense et Espace, ndlr] et dans la certification du 737-7, du 737-10 et du 777X», ses nouveaux avions commerciaux, a-t-il poursuivi.

Le groupe précise être désormais «dans la phase finale» de la certification du 737 MAX 10, dont les premières livraisons étaient initialement prévues pour 2023. Sur CNBC ce mardi, Ortberg s’est dit «confiant», concernant le début des livraisons en 2026. Concernant le nouveau gros porteur 777-9, les premières livraisons restent programmées pour 2027, contre 2020 à l’origine. «C’est probablement notre plus importante tache à effectuer en 2026», a reconnu le responsable dans le même entretien.

Un chiffre d’affaires en hausse de 34%

Au quatrième trimestre, le chiffre d’affaires a atteint 23,95 milliards de dollars (+ 57 % sur un an) et le bénéfice net 8,13 milliards de dollars, contre une perte de 3,92 milliards un an plus tôt. C’est plus que ce qu’en attendaient les analystes, qui notent toutefois que la cession est largement responsable de ce redressement. Un fait demeure : le chiffre d’affaires ressort à la hausse, à 89,46 milliards de dollars, soit 34% d’augmentation en un an.

Ceci grâce à la hausse des cadences de production - avec notamment le relèvement du plafond mensuel imposé en 2024 par le régulateur FAA à celle du 737 MAX (passé de 38 à 42 en octobre) - et au rebond continu de ses livraisons. Le 787 Dreamliner a poursuivi sa transition vers huit livraisons mensuelles, contre cinq en 2024, avec l’objectif d’atteindre dix courant 2026. Boeing a livré 600 avions en 2025, du jamais vu depuis 2018 quand il avait remis 806 avions à ses clients. «Nous augmenterons les livraisons l’an prochain» aussi, a relevé Kelly Ortberg sur CNBC.

L’année a également été très fructueuse auprès des clients, avec 1 175 commandes brutes (1 173 commandes nettes), ce qui lui permet de devancer son concurrent européen Airbus pour la première fois depuis 2018. A fin décembre, le carnet de commandes de Boeing aviation commerciale (BCA) contenait 6 130 avions, soit une valeur record de 567 milliards de dollars et de 682 milliards en incluant le carnet de commandes de branche défense et espace.

BDS a inscrit au quatrième trimestre une charge de 600 millions de dollars liée au programme de ravitailleurs militaires KC-46A, à cause de surcoûts de production et d’approvisionnement. Mais, assure Kelly Orberg, ce programme «ne fera pas dérailler notre convalescence».

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