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Enquête

Crash Ajaccio-Nice en 1968 : de nombreux débris de l’avion identifiés en mer, «une avancée majeure»

Cinquante-sept ans après l’accident qui a fait 95 victimes, des recherches sous-marines ont permis de retrouver la queue et les réacteurs de l’appareil. En 2018, la justice avait estimé qu’il fallait prendre «très au sérieux» l’hypothèse d’un tir de missile accidentel depuis la base du Levant, près d’Hyères (Var).

Une vedette de la douane ramenant des débris de la Caravelle, qui s'est abîmée en mer à quelques kilomètres du Cap d'Antibes, le 11 septembre 1968. (Paul Louis/AFP)
Publié le 17/12/2025 à 20h27

Une avancée après plusieurs décennies d’attente. Les recherches en mer visant à retrouver les débris de la Caravelle Ajaccio-Nice, pour tenter de comprendre les causes de son crash qui avait fait 95 morts en 1968, ont permis d’identifier de nombreuses pièces, ont annoncé ce mercredi les avocats des familles des victimes.

Une série de photographies sous-marines menées par la marine nationale dans la zone de 8 km² considérée comme le site présumé de l’accident a permis d’identifier la queue et les réacteurs de l’avion, ainsi que de nombreuses pièces de la carlingue. Des informations confirmées par Damien Martinelli, procureur de la République de Nice.

Même s’il reste désormais à déterminer s’il est possible de remonter sans les détériorer ces pièces qui ont passé près de six décennies au fond de la mer, les avocats des familles, Mes Stéphane Nesa, Paul Sollacaro et Philippe Soussi, ont salué «une avancée majeure».

Levée du secret-défense

Le 11 septembre 1968, la Caravelle AF 1611, qui devait relier Ajaccio à Nice en 45 minutes, s’est brusquement abîmée au large d’Antibes, ne laissant aucun survivant. L’épave a ensuite été localisée à quelque 2 000 mètres de profondeur. Une première instruction pour homicide involontaire s’est close en 1973 par un non-lieu, la thèse retenue étant celle d’un incendie dans la cabine des toilettes.

L’enquête a été relancée en 2012 pour «soustraction et recel de preuves» et la justice a requis en 2018 une levée du secret-défense, estimant qu’il fallait prendre «très au sérieux» l’hypothèse d’un tir de missile accidentel depuis la base du Levant, près d’Hyères (Var).

En réponse, des documents ont été remis à la justice par le ministère des Armées en juillet 2019. Ils ont été jugés «très insatisfaisants» par les familles de victimes. L’an dernier, le procureur de la République de Nice avait ainsi estimé que «plusieurs éléments sérieux, notamment des témoignages mais également des éléments matériels, tendent à montrer que des autorités civiles et /ou militaires ont pu chercher à faire obstacle à la détermination des causes et des circonstances réelles du crash de la Caravelle».

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