En ce début décembre, des techniciens appelés «rectifieurs», chargés d’usiner des pièces selon des règles très strictes de qualité, s’affairent avec concentration, chacun sur leur large poste de travail. On demande à Florian Eggenspieler, le directeur de l’usine de NTN Europe à Argonay (Haute-Savoie), le chemin que devra parcourir ce roulement à billes pour moteurs d’avions qui se repose dans un bac. «Entre 50 et 60 opérations, ce qui représente entre trois mois et un an de fabrication, calcule-t-il. C’est une organisation complètement différente de celle de l’automobile.»
Cet équipementier connaît bien les délais courts de l’automobile et le temps long de l’aéronautique, puisqu’il travaille pour les deux secteurs. Mais alors que l’automobile, en crise, reste de loin le premier poste de chiffre d’affaires de NTN Europe (deux tiers de l’activité), celui de l’aéronautique (9 % de l’activité aujourd’hui) pourrait doubler entre 2019 et 2030. Ce qui n’effraie pas l’entreprise, dont la maison-mère se trouve au Japon : toutes les deux secondes, affirme-t-elle, un avion décolle quelque part dans le monde avec l’un de se




