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Drame

La Réunion : une nouvelle victime des airbags défectueux Takata malgré les campagnes de rappel

Un jeune homme de 23 ans est mort après un accident de la route sur l’île dans la nuit du samedi 29 au dimanche 30 novembre. L’autopsie a révélé des blessures caractéristiques de l’explosion du coussin de sécurité.

Campagne nationale de vérification des airbags Takata après des accidents mortels, Nantes, le 23 octobre 2025. (Laetitia Notarianni/Hans Lucas. AFP)
Publié le 04/12/2025 à 9h58, mis à jour le 04/12/2025 à 10h11

Encore une victime des airbags Takata malgré les multiples campagnes de rappel de la part des constructeurs. Un jeune homme qui conduisait une Seat Ibiza de la marque espagnole est mort à la suite d’une sortie de route et d’un choc dans la nuit du samedi 29 au dimanche 30 novembre sur la route des Tamarins sur l’île de la Réunion, a révélé mercredi la chaîne de télévision Réunion La 1ère.

L’autopsie pratiquée le 2 décembre par l’institut médico-légal du CHU de La Réunion a conclu que le jeune conducteur était mort après avoir reçu dans sa direction des projectiles métalliques provenant de l’airbag défectueux qui s’était déclenché après le choc.

Le modèle du véhicule, une Seat Ibiza, pourrait faire pourtant partie des campagnes de rappel mais le jeune homme n’a pas été informé du risque qu’il prenait en prenant le volant de cette voiture. Selon Réunion La 1ère, «il n’avait pas été destinataire directement des messages d’alerte des constructeurs au fil des changements de propriétaires du véhicule.» La procureure de Saint-Denis Véronique Denizot a cependant indiqué jeudi dans un communiqué que «des investigations sont en cours pour vérifier si le véhicule faisait l’objet d’une campagne de rappel».

Par ailleurs, l’autopsie n’a pas identifié de facteurs qui auraient pu expliquer la sortie de route du véhicule. Les analyses n’ont révélé aucune trace d’alcool ou de stupéfiants dans le corps du conducteur.

20 morts en France dont 18 en Outre-mer

Cet homme est la troisième victime des airbags Takata à La Réunion depuis 2021, indique Réunion La 1ère, les départements et territoires ultramarins étant particulièrement touchés. Au total, selon le ministère des Transports, les accidents de voiture attribués à des éclatements d’airbags défectueux ont fait 20 morts en France dont 18 en Outre-mer, et 25 blessés - dont 24 en Outre-Mer, au cours de 46 accidents, dont 42 ont eu lieu en Outre-mer.

Les morts ou les graves blessures liées à ces airbags sont en effet causées par un gaz, le nitrate d’ammonium, qui se dégrade avec le temps, particulièrement dans les climats chauds et humides : les coussins de sécurité des véhicules se déclenchent alors même en cas de collision mineure, provoquant une explosion identique à celle d’une grenade et projetant dans l’habitacle des pièces de métal et de plastique.

Actuellement, «quelque 1,8 million de véhicules sont recensés en France comme étant encore à réparer, dont 1,3 million font l’objet d’un rappel dit Stop drive», qui implique de ne plus rouler avant le remplacement (gratuit) des airbags du véhicule, a indiqué le ministère des Transports mercredi soir.

«Préjudice d’anxiété»

Ce nouveau drame évitable intervient au moment où l’association de consommateur CLCV (Consommation, logement et cadre de vie) annonce lancer une action de groupe visant le constructeur automobile Stellantis au nom de 150 propriétaires de voitures équipées d’airbags Takata défectueux.

La CLCV a décidé de saisir le tribunal judiciaire de Paris afin de «faire valoir le préjudice» des propriétaires de véhicules concernés par la campagne de rappel jugée «tardive, partielle et désorganisée» par l’association. La CLCV dénonce des préjudices «matériels» et de «jouissance» liés à l’immobilisation des véhicules ainsi que des préjudices moraux comme le «préjudice d’anxiété».

Stellantis n’a pas souhaité commenter la procédure en cours mais a tenu à rappeler à l’AFP que le groupe «mobilise l’ensemble de son réseau et met en oeuvre les moyens les plus importants pour garantir la sécurité de ses clients». Le constructeur a également précisé que 70% des véhicules de sa flotte française des marques Citroën, DS et Opel «ont été traités» dont 90% des véhicules C3 et DS3.

Selon les chiffres du ministère des Transports mercredi soir, 670 000 véhicules ont été réparés depuis juillet, date de l’arrêté ayant renforcé les mesures de rappel. Et au total, «presque 1,2 million de véhicules ont été réparés», a ajouté la même source. UFC-Que Choisir, autre grande association de consommateurs, avait lancé en juillet pour la première fois en France une action de groupe contre Stellantis.

Aux Etats-Unis, pays le plus touché avec 28 morts, Ford, Toyota, Honda, BMW, Nissan et Mazda ont versé un total de 1,5 milliard de dollars d’indemnisations aux victimes.

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