Plus de peur que de mal. Un avion d’Air France reliant Paris à Ajaccio a été dérouté samedi 20 décembre et s’est posé à Lyon en urgence à la suite d’une panne de moteur, a indiqué ce dimanche 21 décembre la compagnie aérienne. «L’équipage du vol AF7562 […] a décidé de se dérouter vers l’aéroport de Lyon après 37 minutes de vol en raison d’un problème technique» et «en application du principe de précaution», précise Air France à l’AFP, confirmant des informations du journal Corse-Matin.
«L’avion s’est posé normalement à 18 h 25, heure locale», rapporte la compagnie aérienne. Les passagers ont été «réacheminés à bord d’un nouvel avion au départ de Lyon à 22 h 39 vers l’aéroport de Bastia, atterrissage effectué à 23 h 50 puis transférés en bus vers Ajaccio avec une arrivée le 21 décembre 2025 à 3 heures». Air France «regrette les désagréments liés à cette situation et rappelle que la sécurité de ses clients et de ses équipages est son impératif absolu».
Des passagers, interrogés par RTL, parlent de «beaucoup de vibrations» et d’une aile de l’avion «en flammes». «D’un coup, l’avion a chuté», raconte Christelle. «Les boutons, tout s’allumait, tout clignotait. Il y a un monsieur qui a pris ses enfants dans les bras parce qu’ils se sont dit : “On va se crasher.”»
Un incident rarissime
Selon un connaisseur du secteur, interrogé par l’AFP, il s’agit d’un «pompage réacteur», lorsque des bouchons d’air se forment au sein du moteur et créent des vibrations obligeant l’équipage à «couper le moteur» : «C’est à ce moment-là qu’ils ont décidé de dérouter à Lyon. Une fois qu’ils ont coupé le moteur, les vibrations ont disparu.»
A lire aussi
«L’atterrissage s’est passé normalement sur un seul moteur», ajoute l’expert. «Voler sur un moteur, ce n’est pas une situation normale» mais «ce sont des choses qui arrivent dans le monde du transport aérien». «L’aile n’était pas en feu, le moteur n’était pas en feu, il n’y a pas eu d’alarme incendie. Mais je ne peux pas exclure qu’effectivement, il y ait eu quelques flammes au niveau de la tuyère qui se sont contenues dans le moteur et qui ne durent qu’une à deux secondes», analyse-t-il.
L’avion Airbus A320 qui effectuait le vol est équipé de deux moteurs CFM56, montés sous les ailes, fabriqués par la coentreprise franco-américaine CFM entre Safran et GE qui «font partie des moteurs les plus fiables au monde», toujours selon ce connaisseur. Un incident pareil «arrive très rarement ramené au nombre de vols».




