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Les prix des TGV Ouigo, offre low cost de la SNCF, ont augmenté de 75 % en sept ans

Le coût moyen des billets de l’offre supposément low cost de trains à grande vitesse est passé de 19,80 euros à 34,70 euros entre 2017 et 2024, rattrapant peu à peu le prix des Inoui.

En ajoutant les options bagages (5 euros en ligne, 20 sur place), prise électrique (3 euros) et billet remboursable (9 euros), un billet de Ouigo peut arriver au même prix que celui de l’Inoui. (Eric Beracassat/Hans Lucas. AFP)
Publié le 13/02/2026 à 11h18, mis à jour le 13/02/2026 à 12h47

Voyager sans valise, sans prise, et sans possibilité d’annuler son billet coûte de plus en plus cher. Les prix des billets de train Ouigo, offre de TGV de la SNCF censée être low cost, ont augmenté de 75 % en sept ans, révèlent France Inter et Ouest-France, citant la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut). Le coût moyen d’un billet a bondi de 19,80 euros à 34,70 euros entre 2017 et 2024, d’après les chiffres de l’Autorité de régulation des transports (ART). Une augmentation continue, puisqu’une comparaison avait déjà estimé l’augmentation du prix du billet à 73 % entre 2017 et 2023.

En guise de comparatif, le prix d’un billet sur un train à grande vitesse classique (TGV Inoui) n’a augmenté que de 8 % sur la période 2017-2024, pour s’établir à 48 euros. De deux fois plus économique, l’offre «à bas coût» est passée à seulement 38 % moins chère. «C’est colossal», réagit François Delétraz, le président de la Fnaut, pour France Inter. «Le Ouigo rattrape l’Inoui», ce qui ne se justifie, selon lui, pas seulement par l’inflation.

Le directeur de TGV-Intercités, dont Ouigo fait partie, explique cette hausse par les gares fréquentées, et par les nouvelles destinations. Deux évolutions «voulues par nos clients», indique Alain Krakovitch. Ces trains, qui partaient de «gares dites secondaires», prennent désormais leur départ depuis les «grandes gares parisiennes», explique-t-il. Les Ouigo, un temps «concentrés sur des trajets courts (Lyon, Bordeaux…)» desservent «des destinations beaucoup plus lointaines (Hendaye, Perpignan, Brest)», ajoute-t-il.

Des options coûteuses

Il y a un mois, la fédération d’association d’usagers relevait qu’un billet de Ouigo pouvait atteindre jusqu’à 119 euros, «le prix le plus élevé jamais pratiqué par l’entreprise», qui bloquait auparavant les titres à 99 euros. La Fnaut alerte aussi sur des situations incongrues : en ajoutant les options bagages (5 euros en ligne, 20 sur place), prise électrique (3 euros) et billet remboursable (9 euros), un billet de Ouigo peut revenir au même prix que celui de l’Inoui, qui comprend d’office toutes ces options.

Une situation qui pénalise aussi les voyageurs «occasionnels, qui pensent faire une bonne affaire en achetant un Ouigo, et se retrouvent à payer plus cher que s’ils avaient pris un TGV Inoui», regrette la Fnaut. François Delétraz considère d’ailleurs que «le Ouigo est parfois plus cher que le TGV classique, car il n’y a pas de carte de fidélité». Le problème est d’autant plus aggravé qu’il y a «de moins en moins de trains Inoui qui circulent en France», constate la fédération.

Mis à jour à 12:20 avec la réponse d’Alain Krakovitch
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