Les déconvenues s’accumulent pour Airbus. Le géant de l’aéronautique a annoncé ce lundi 1er décembre avoir rencontré à nouveau des «problèmes de qualité» avec son avion monocouloir à succès, l’A320. Après le logiciel de commande, ce sont cette fois des panneaux métalliques du fuselage de plusieurs appareils, produits par un des sous-traitants de l’industriel, qui causent des ennuis.
Résultat : Airbus «est en train d’inspecter tous les avions potentiellement affectés, tout en sachant que seule une partie d’entre eux devra faire l’objet de mesures supplémentaires», a fait savoir une porte-parole d’Airbus. «La source du problème a été identifiée, circonscrite et tous les panneaux récemment produits sont conformes au cahier des charges», précise Airbus, soulignant que les pièces concernées étaient en «nombre limité».
Des déclarations aux lourdes conséquences pour l’entreprise. Plus tôt ce lundi, la médiatisation de ces nouvelles difficultés a provoqué une chute brutale du cours d’Airbus, le titre de l’avionneur perdant jusqu’à plus de 10 % à Paris, avant de repartir légèrement à la hausse. A 14 h 30 il reculait encore de 5,5 % dans un marché en baisse de 0,58 %. Le reste du secteur aéronautique et de la défense français évolue également dans le rouge ce lundi, Safran cédant 2,51 % à 283,00 euros, et Dassault Aviation reculant de 1,85 % à 265,60 euros.
100 appareils toujours immobilisés
La révélation de ce dernier incident intervient trois jours après que le géant européen de l’aéronautique a lancé un rappel concernant là encore l’A320, pour remplacer de toute urgence un logiciel de commande vulnérable aux radiations solaires.
Une mesure prise à la suite d’un incident fin octobre aux Etats-Unis : un vol de la compagnie américaine JetBlue reliant Cancún au Mexique à Newark près de New York avait dû se poser en urgence à Tampa, en Floride, après avoir brutalement piqué vers le bas.
Airbus, qui avait exhorté vendredi ses clients à «arrêter immédiatement les vols» d’environ 6 000 appareils concernés, a toutefois pu rapidement intervenir sur des milliers d’aéronefs vendredi et samedi, atténuant les craintes de perturbations de grande ampleur sur le trafic aérien mondial.
Interview
Ce lundi matin, Airbus a indiqué que moins de 100 appareils de la gamme A320 restaient immobilisés et qu’il travaillait avec les compagnies aériennes «pour s’assurer qu’ils peuvent être remis en service». «Airbus n’a communiqué aucun changement concernant ses prévisions pour l’exercice 2025, ce qui suggère que les conséquences du récent problème logiciel sont soit encore en cours d’évaluation, soit contenues», relèvent les analystes de Deutsche Bank dans une note.
L’A320, dans ses nombreuses variantes, est l’appareil commercial civil le plus vendu au monde. Entré en exploitation en 1988, il avait été livré fin septembre à 12 257 exemplaires.




