Menu
Libération
Protection

Violences, agressions sexuelles, espaces no-kids… Le Défenseur des enfants exhorte à un «sursaut politique»

L’adjoint de la Défenseure des droits, Eric Delemar, alerte ce vendredi sur le «coût humain, psychologique, et économique» de l’absence de considération pour les enfants dans les politiques publiques en France.

Dans une école de Toulouse le 2 septembre 2024. (Adrien Nowak /Hans Lucas.AFP)
Publié le 23/01/2026 à 16h07

«On déconsidère nos enfants, les enfants ne sont jamais la priorité, ils n’ont pas le droit de vote donc ils ne comptent pas, et pourtant ils sont plus de 14 millions dans notre société», déplore ce vendredi 23 janvier dans un entretien à l’AFP le Défenseur des enfants Eric Delemar, appelant à un véritable «sursaut politique».

L’adjoint de la Défenseure des droits Claire Hédon ajoute : «La jeunesse n’a jamais été aussi contrainte qu’aujourd’hui : on la stigmatise, on ne supporte plus que les enfants jouent dans la rue, qu’ils fassent du bruit, et en même temps on leur reproche d’être sans arrêt sur les écrans, à la maison, donc on est dans des injonctions paradoxales».

La question de la place des enfants dans la société a ressurgi cette semaine avec la polémique soulevée par la SNCF et sa nouvelle classe affaires Optimum «sans enfants». Sans s’exprimer sur le cas spécifique de la SNCF, le Défenseur des enfants a jugé la tendance à des espaces no-kids «scandaleuse». «Qui oserait dire aujourd’hui qu’il faut interdire tel espace de transport, tel espace public, à telle catégorie d’adultes ?», s’est-il interrogé.

En matière de protection de l’enfance, «on est régulièrement rappelé à l’ordre : on ne protège pas les enfants suffisamment vite, et quand ils vont parler on ne les écoute pas», déplore Eric Delemar, faisant état d’«à peine 2 % des enfants victimes de violences sexuelles qui verront leur agresseur condamné».

«Les enfants impriment les maltraitances»

Loin d’être anodine, cette absence de considération des enfants en France a selon lui un «coût humain, psychologique, et économique». «On sait que les enfants impriment les difficultés, les maltraitances» et que «cela va avoir des conséquences sur leurs apprentissages et leur bien-être», souligne-t-il. Or on a «des politiques publiques qui sont court-termistes, on ne s’adresse pas aux générations précédentes, aux générations suivantes, on s’adresse aux élections prochaines», dénonce-t-il, appelant à un «sursaut politique» face à des «droits des enfants régulièrement bafoués».

Autorité indépendante chargée de veiller au respect des droits, le Défenseur des enfants reçoit en moyenne chaque année plus de 4 000 saisines, notamment sur des atteintes aux droits à l’école, «des enfants en danger non repérés» et «des décisions non mises en œuvre».

Dans la même rubrique