Où se sont envolés les 3 871 salariés de Deliveroo, l’entreprise britannique de services de livraison à domicile qui opère en Espagne depuis 2015 ? Suite à la «loi sur les Riders», obligeant depuis août ce type de sociétés à salarier ceux qui travaillaient pour leur compte en tant que «faux indépendants», Deliveroo a fait ses valises. Quant à ses salariés, ils sont partis avec de maigres indemnités en poche, dont le seuil a été fixé à 1 000 euros. Ceux-ci font les frais d’une loi, fruit d’une décision du Tribunal suprême en septembre 2020, votée cet été par la coalition de gauche au pouvoir. Une législation unique en Europe, alors que la Commission européenne vient tout juste de présenter, ce jeudi, une proposition allant dans le sens d’une reconnaissance de présomption de salariat pour ces travailleurs des plateformes.
Cette réforme a mis sens dessus dessous un secteur en vogue qui pèse environ 700 millions d’euros en Espagne et fait travailler quelque 30 000 livreurs. Le plus souvent juchés sur des vélos électriques, ils exercent, pour beaucoup, cette activité en pensant qu’elle est temporaire. Cette loi «profondément juste et qui lutte contre une nouvelle forme d’exploitation», dixit la ministre du Travail, Yolanda Día




