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Trois ans après l’élection de Giorgia Meloni, une partie des banques italiennes mises sous contrôle

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Depuis l’arrivée au pouvoir de la Première ministre d’extrême droite en 2022, le gouvernement italien a multiplié les interventions dans le secteur financier. Et décidé d’une taxe supplémentaire sur les banques et compagnies d’assurance pour boucler son projet de budget 2026.

La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, devant le Sénat à Rome le 22 octobre. (Remo Casilli/REUTERS)
ParEric Jozsef
correspondant à Rome
Publié le 17/11/2025 à 7h53

Le motif affiché est purement patriotique : «Défendre l’épargne des Italiens.» Dans la pratique, l’activisme du gouvernement de Giorgia Meloni dans le secteur bancaire commence à inquiéter dans les milieux d’affaires. Sans même parler de sa dernière trouvaille : taxer l’an prochain à hauteur de 3,9 milliards d’euros les banques et compagnies d’assurance italiennes qui ont réalisé en 2024 de très juteux profits.

Premier temps : en novembre 2024, UniCredit, la deuxième banque du pays, tente de s’emparer de la Banca Popolare di Milano (BPM), la numéro 3. Le gouvernement italien va s’opposer à l’offensive. C’est qu’il a d’autres projets pour BPM, fortement implantée dans le très dynamique nord de la péninsule, et se méfie d’UniCredit qui, très internationalisée, échappe à l’influence du pouvoir romain. Dès l’annonce de l’opération, le vice-Premier ministre, Matteo Salvini (Ligue), monte au créneau : «UniCredit n’a plus grand-chose d’italien, c’est une banque étrangère.» Le ministre de l’Economie, Giancarlo Giorgetti, lui, dégoupille la menace du «golden power» pour contrer UniCredit. En clair, l’utilisation de pouvoirs d’exception qui permettent à l’Etat italien de bloquer l’acquisition de sociétés nationales par des investisseurs étrangers, lorsque des intérêts stratégiques sont en jeu.

«Cela affaiblit la concurrence»

«Le gouvernement a ainsi fait échouer l’opération en prétendant qu’une banque qui a pourtant son siège à Milan n’est pas italienne», pointe Maurizio Franzini, professeur émér

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