Le motif affiché est purement patriotique : «Défendre l’épargne des Italiens.» Dans la pratique, l’activisme du gouvernement de Giorgia Meloni dans le secteur bancaire commence à inquiéter dans les milieux d’affaires. Sans même parler de sa dernière trouvaille : taxer l’an prochain à hauteur de 3,9 milliards d’euros les banques et compagnies d’assurance italiennes qui ont réalisé en 2024 de très juteux profits.
Premier temps : en novembre 2024, UniCredit, la deuxième banque du pays, tente de s’emparer de la Banca Popolare di Milano (BPM), la numéro 3. Le gouvernement italien va s’opposer à l’offensive. C’est qu’il a d’autres projets pour BPM, fortement implantée dans le très dynamique nord de la péninsule, et se méfie d’UniCredit qui, très internationalisée, échappe à l’influence du pouvoir romain. Dès l’annonce de l’opération, le vice-Premier ministre, Matteo Salvini (Ligue), monte au créneau : «UniCredit n’a plus grand-chose d’italien, c’est une banque étrangère.» Le ministre de l’Economie, Giancarlo Giorgetti, lui, dégoupille la menace du «golden power» pour contrer UniCredit. En clair, l’utilisation de pouvoirs d’exception qui permettent à l’Etat italien de bloquer l’acquisition de sociétés nationales par des investisseurs étrangers, lorsque des intérêts stratégiques sont en jeu.
«Cela affaiblit la concurrence»
«Le gouvernement a ainsi fait échouer l’opération en prétendant qu’une banque qui a pourtant son siège à Milan n’est pas italienne», pointe Maurizio Franzini, professeur émér




