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Bras de fer

Veuve Clicquot, Ruinart, Moët et Chandon… Les salariés de la filière champagne de LVMH toujours mobilisés

Après une grève inédite les 5 et 8 décembre, les travailleurs de cette branche du géant du luxe poursuivent leur mobilisation contre la suppression d’une prime de participation «qui existe depuis 1967», selon l’intersyndicat CGT du Champagne.

A Epernay (Marne), le 2 décembre 2021. (Stéphane Lagoutte/Myop pour Libération)
Publié le 12/12/2025 à 18h09

C’est une réunion d’information qui a tourné au rassemblement. Les salariés de la filière champagne du numéro 1 du luxe LVMH, propriété de Bernard Arnault, se sont mobilisés à nouveau jeudi 11 décembre pour protester contre la suppression, cette année, d’une prime de participation.

«Cette grève a eu lieu jeudi à Epernay [Marne], devant le siège de Moët et Chandon, avec toutes les maisons de champagne du groupe : Veuve Clicquot, Krug, Moët et Chandon… et le soutien des autres maisons de champagne. Environ 600 personnes étaient présentes», a expliqué ce vendredi à l’Agence France-Presse le secrétaire général de l’intersyndicat CGT Champagne, José Blanco.

«C’est une première»

«A l’origine, il ne devait pas s’agir d’une manifestation, mais d’une réunion d’information organisée au sein du groupe Moët et Chandon. Finalement, les salariés se sont retrouvés sur l’avenue de Champagne et l’ont bloquée», a expliqué José Blanco. Une précédente grève avait eu lieu les 5 et 8 décembre pour le même motif.

«La mobilisation s’explique par la suppression, cette année, de la participation chez Moët et Chandon. Elle existe depuis 1967, et c’est une première. Les salariés ont également été informés d’une suppression de la prime de partage de la valeur au motif que le groupe aurait réalisé un peu moins de bénéfices», selon José Blanco. D’autres actions sont envisagées, mais aucune date n’a encore été arrêtée. Sollicité par l’AFP, le groupe LVMH n’a pas réagi.

La filiale vins et spiritueux de LVMH, qui comprend les champagnes (Moët et Chandon, Krug, Ruinart…) mais aussi les vins (Château Cheval Blanc, Château d’Yquem, Château d’Esclans…) et les cognacs Hennessy ou encore le whisky Glenmorangie a connu un net recul en 2024, avec un chiffre d’affaires en repli de 11 % sur l’année à 5,9 milliards d’euros.

Baisse des ventes

Sur les neuf premiers mois de 2025, le chiffre d’affaires de la section a encore chuté de 7 %, notamment sous l’effet des droits de douane. Le groupe estimait toutefois que les ventes renoueraient avec la croissance (hors taux de change) au troisième trimestre «avec une amélioration en champagne, une bonne croissance en vins rosés et une demande toujours faible en cognac».

Selon les analystes de la banque HSBC, les ventes de champagne et de vins représentent 4 % des 84,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024 de LVMH et les ventes de cognac et spiritueux, 3 %. La banque prévoit au quatrième trimestre 2025 une baisse de 11 % des ventes de champagne et vins.

La division, qui avait annoncé au printemps vouloir réduire ses effectifs, est dirigée depuis février par l’ancien directeur financier du groupe, Jean-Jacques Guiony, secondé d’Alexandre Arnault, fils du milliardaire et PDG de LVMH, Bernard Arnault.

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