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Levée de fonds

Yann LeCun, l’homme qui visait 3 milliards pour sa future start-up dans l’IA

Le chercheur, qui vient d’annoncer son départ de Meta, est, selon le «Financial Times», en pourparlers préliminaires pour lever 500 millions d’euros pour son entreprise qui doit ouvrir en janvier à Paris. Son objectif est de créer une IA superintelligente capable d’apprendre grâce à des vidéos.

Yann LeCun, à Londres, le 5 novembre 2025. (Yui Mok/AFP)
Publié le 19/12/2025 à 18h21

Il n’a pas encore quitté son poste chez Meta – où il occupe les fonctions de vice-président et de directeur scientifique de l’IA -, et pourtant, Yann LeCun est déjà en train de mettre sur les rails sa future start-up parisienne qui doit ouvrir ses portes en janvier prochain. Selon le Financial Times, jeudi 18 décembre, le pionnier de l’intelligence artificielle, dont le départ du géant des médias sociaux a été révélé il y a à peine un mois, est en pourparlers préliminaires pour lever 500 millions d’euros pour sa nouvelle entreprise. Une opération qui la valoriserait à environ 3 milliards d’euros avant même son lancement officiel. Il s’agit de la dernière levée de fonds majeure dans le secteur de l’IA cette année. Les discussions n’en sont toutefois qu’à leurs débuts et pourraient évoluer.

Toujours selon le FT, Yann LeCun, qui occupera le poste de président, aurait également nommé Alexandre LeBrun, fondateur de la start-up française de technologie de la santé Nabla, comme directeur général. Nabla a par ailleurs conclu un partenariat de recherche stratégique avec la future entreprise.

Advanced Machine Intelligence Labs (AMI Labs), c’est son nom, a pour vocation de créer une nouvelle génération de systèmes d’IA superintelligents capable d’apprendre grâce à des vidéos et des données spatiales et non plus par le biais du seul langage. L’objectif affiché par le scientifique franco-américain est que l’intelligence artificielle puisse, de manière autonome, raisonner et planifier des séquences d’actions complexes.

Une arrivée en France attendue en janvier

Yann LeCun ne rompt pas totalement les ponts avec son ancien employeur, Mark Zuckerberg, qui l’avait débauché en 2013 pour fonder son laboratoire de recherche en intelligence artificielle, Fair (Facebook Artificial Intelligence Research). «Meta sera un partenaire, pas un investisseur», avait ainsi annoncé le 4 décembre, sans donner plus de précisions, Yann LeCun en levant le voile sur son futur projet en marge de la conférence AI-Pulse organisée par Scaleway, la filiale cloud d’Illiad. «C’est un projet que Mark Zuckerberg apprécie et qui l’intéresse. Mais lui et moi avons compris que le potentiel des applications dépassait ce que Meta avait envie de couvrir.» Un message pour faire comprendre qu’il n’y a pas de tensions avec Meta. Et ce même si les deux hommes ne partagent désormais plus la même vision : Zuckerberg ayant repris en main sa stratégie IA au printemps dernier.

Yann LeCun doit poser ses valises à Paris en janvier. Une arrivée très attendue : en novembre, Emmanuel Macron avait dit s’efforcer de convaincre le chercheur de venir s’installer de ce côté-ci de l’Atlantique.

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