Menu
Libération
Internet

Un site web pour louer des hackers

Hacker's List propose aux internautes de s'offrir les services de génies de l'informatique à des fins personnelles, redessinant ainsi les frontières du légal.

Hacker's List propose aux internautes de louer les services de génies de l'informatique à des fins personnelles. (Photo Hacker's List.com)
Publié le 19/01/2015 à 17h28

Accéder au compte Facebook de votre partenaire, retirer des photos gênantes de la Toile ou encore retrouver d'anciens mots de passe oubliés : voilà ce que propose Hacker's List, dont le slogan est : «Engagez le BON hacker.» Un site web qui donne aux internautes la possibilité de louer les services de certains professionnels de l'informatique.

A l'ère du cyberterrorisme et de la détermination de plusieurs gouvernements, à travers le monde, d'accroître la surveillance sur Internet, certains font du piratage un véritable business. En moins de trois mois de mise en ligne, le site compte déjà plus de 500 opérations de hacking, rapporte le New York Times.

Et chacune de ces opérations a un prix, variant de quelques centaines à plusieurs milliers de dollars, selon la difficulté de la mission. Pour obtenir les mots de passe Facebook et Gmail de son compagnon, qu’elle soupçonnait d’infidélité, une Californienne a par exemple proposé de payer 500 dollars (soit 435 euros). Un homme d’affaires suisse, lui, a promis de verser 2 000 dollars (1 722 euros) à celui qui parviendrait à obtenir la liste de clients de son concurrent en piratant la base de données de celui-ci.

Mais cette dernière annonce, déposée sur le site, ne flirterait-elle pas avec les frontières du légal ? S'il estime qu'«engager un hacker ne devrait pas être un processus compliqué», Hacker's List se défend néanmoins de toute activité hors-la-loi. Les conditions générales de la plateforme interdisent tout recours à des services visant «des fins illégales». Ainsi, les demandes de cyberattaques de banques ou d'entreprises sont censées rester sans réponse.

Impossible cependant de savoir ce qu'il en est réellement. Chaque action sur le site est menée de manière anonyme, explique le site d'information The Daily Dot. «Les communications sont cryptées et les identités de ceux qui effectuent les transactions, protégées.» Les paiements ne sont d'ailleurs effectués qu'une fois la tâche accomplie, par carte bancaire, à la manière d'eBay. Et s'ils ne sont pas satisfaits du travail, les clients peuvent même demander une révision de celui-ci.

Yalkin Demirkaya, qui officie au département de crimes informatiques du service de police de New York, pointe du doigt la difficulté de trancher la question de l'illégalité. «La plupart des gens qui postent les annonces sont à l'étranger», explique-t-il au New York Times, ce qui compliquerait d'éventuelles poursuites. Probablement pour se protéger en cas de condamnation, les trois fondateurs de Hacker's List ont d'ailleurs décidé de ne pas dévoiler leur identité.

Dans la même rubrique