Mercredi, après avoir pris connaissance du rapport commandé à l’ex-directeur financier de France Télévisions Marc Schwartz, les ministres de la Culture (Fleur Pellerin), de l’Economie (Emmanuel Macron) et des Finances (Michel Sapin) ont brossé la feuille de route du futur président de la télé publique. Peu de chances que ce soit l’actuel patron Rémy Pflimlin, dans le collimateur de la tutelle… Mais la nomination, qui sera connue le 22 mai au plus tard, revient in fine au Conseil supérieur de l’audiovisuel.
Que dit le rapport Schwartz ?
Le diagnostic est globalement sévère sur la gestion de France Télévisions. Il critique les «lourdeurs internes», et insiste sur l'importante baisse de la part d'audience depuis dix ans (28,8% en 2014 contre 35% en 2008). Pan sur le bec de Pflimlin. Pour autant, «le groupe de travail est convaincu que la télévision publique est plus que jamais nécessaire dans cet environnement fragmenté, éclaté, mondialisé». Editorialement, le rapport appelle à davantage de cohérence entre les chaînes, en particulier une réforme de France 3 sur l'articulation entre ses offres nationales et régionales. Enfin, Schwartz estime que «la pérennité de France Ô», qui n'a «pas trouvé son public», soulève, «des interrogations».
Que dit la feuille de route des ministres ?
La future direction de France Télévisions devra être plus audacieuse dans ses programmes, attirer le jeune public, promouvoir la culture, développer le numérique et réformer France 3. Le tout avec un budget en baisse… Il faudra, si nécessaire, renoncer à une des cinq chaînes publiques (France Ô ?). La piste d'une augmentation de la redevance, déjà évoquée fin 2014, fait l'objet d'une «réflexion». D'après les trois ministres, le budget de France Télévisions (2,85 milliards d'euros en 2015) sera «au mieux stable», et «plus probablement» s'inscrira d'ici 2020 dans le mouvement de «baisse constatée ces dernières années».
Plusieurs réformes de fond, jusqu'ici repoussées, sont évoquées : la réorganisation de France 3, l'amélioration de la gestion de la filière de production, ainsi que celle du réseau outre-mer. Il est également demandé des «propositions précises» pour définir «des lignes éditoriales claires» pour chacune des chaînes, afin d'éviter qu'elles se concurrencent.
En revanche, plusieurs des suggestions du rapport Schwartz n’ont pas été écoutées. Ainsi, un retour de la publicité après 20 heures a été écarté, et la création d’une chaîne d’info en continu n’est pas d’actualité.
Rémy Pflimlin peut-il se succéder ?
C’est peu probable. Alors que Pflimlin n’a pas encore déclaré s’il briguerait un nouveau mandat, des prétendants se sont déclarés. Le nom d’Alexandre Michelin, 50 ans, ancien de Canal + et actuel DG de Microsoft-MSN Europe, circule, entre autres candidats. Les prétendants devront intégrer les objectifs du rapport Schwartz dans le projet qu’ils doivent envoyer avant le 26 mars au CSA.




