Informer, instruire, divertir. Ce sont les missions classiques assignées au service public de l’audiovisuel. On peut les partager, les renforcer ou même les revoir. Mais tout cela n’aura de sens que si tous ceux qui ont un mot à dire - et ils sont nombreux - sur l’avenir de France Télévisions ou Radio France comprennent que leur problème relève autant de ces objectifs que de la manière de les tenir. Car la question de la distribution des contenus au public est devenue centrale. L’objet télévision consommé en transfusion de manière sédentaire perd de sa superbe. La consommation devient nomade sur des écrans de tailles diverses, les programmes et les podcasts comptent plus que les marques qui les diffusent, une grille de programmes devient moins essentielle quand on peut regarder et écouter tout ce qu’on veut quand on veut, Google s’impose meilleur guide télé… La télé et la radio publiques de demain devront savoir trouver leur public et lui proposer ce dont il a envie au moment où il en a envie. Sacré casse-tête. Et ce n’est pas qu’une question de tuyaux et de technique, mais aussi de création, d’offres délinéarisées et pensées en fonction des supports. Ce n’est plus la même chose de penser les programmes en flux continu avec une audience éclatée plutôt qu’en case avec un public prédéterminé. La France a quelques atouts : les podcasts de la radio publique cartonnent, la télévision de rattrapage a déjà trouvé son public, certaines chaînes jouent le jeu de la création numérique… Mais tout cela reste encore à l’état d’embryon. Il faut passer de l’expérimentation au projet global. Celui que Mathieu Gallet a promis pour Radio France et que personne ne voit venir.
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