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A la télé ce soir

L'étude qui nous rend chocolat

Nous sommes bombardés d'études scientifiques bidons. Deux journalistes allemands en démontent les mécanismes dans un documentaire diffusé sur Arte.

Zur ARTE-Sendung Schlank durch Schokolade - Eine Wissenschaftslüge geht um die Welt 3: 90, 60, 90 – durch Schokolade zu den Traummaßen? © k22 Film & Entertainment/Ricardo Garzon/Esteban Mesa Foto: ZDF Honorarfreie Verwendung nur im Zusammenhang mit genannter Sendung und bei folgender Nennung "Bild: Sendeanstalt/Copyright". Andere Verwendungen nur nach vorheriger Absprache: ARTE-Bildredaktion, Silke Wölk Tel.: +33 3 881 422 25, E-Mail: bildredaktion@arte.tv (Photo k22 Film. Entertainment/Rica)
Publié le 04/06/2015 à 17h36, mis à jour le 05/06/2015 à 16h06

Excellente idée de ces deux journalistes allemands de démontrer par l’absurde l’ineptie des «pseudo» études qui foisonnent aujourd’hui. Avec l’aide de scientifiques complices, Peter Onneken et Diana Löbl décident de monter leur propre étude dans le domaine porteur des régimes. Selon leurs calculs, quelque 28345 études ont été publiées dans le monde et elles disent à peu près tout et son contraire.

Le principe de leur canular : manger 40 g de chocolat matin et soir permet de maigrir plus vite. Ils mettent alors sur pied une expérience scientifique reposant sur les mêmes principes - détournables - que bien d'autres.  « Le lien de causalité sur lequel reposent ces études est absurde, explique un journaliste scientifique. C'est comme si on étudiait des gens qui regardent Arte et d'autres TF1. On remarque que ceux qui sont devant Arte vivent plus longtemps alors on en conclue qu'Arte est un facteur d'allongement de la vie».

Peter Onneken et Diana Löbl composent ainsi des groupes de «cobayes» dont ils vont étudier le comportement. A l’arrivée, ils ne peinent pas à orienter les résultats pour «démontrer» que le régime à base de chocolat donne les meilleurs résultats. L’étude sur le chocolat finit par être validée par une publication scientifique, plus regardante sur le chèque à réclamer que sur les conditions de l’expérience. Et là, c’est le jackpot : des articles dans le monde entier touchant des dizaines de millions de personnes. Ce n’est pas seulement l’intégrité des scientifiques qui est en cause, mais aussi la vigilance des journalistes.

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