Monsieur Balkany,
Vous nous avez habitués à mieux, on vous a connu plus courageux. On est même un peu déçu. Vos propositions de loi déposées juste avant l'été contre les journalistes en supprimant l'avantage fiscal dont ils bénéficient, en stoppant les aides à la presse écrite et en privatisant le service public audiovisuel, vont évidemment dans le bon sens. Mais bon sang, vous n'allez pas assez loin. Quitte à faire le boulot, autant le faire à fond. Alors à Libération, on a décidé de vous aider à compléter votre proposition avec quelques idées de bons sens :
- tout article touchant une procédure civile ou pénale devra être soumis au parquet et à toutes les parties concernées avant publication…
- les aides à la presse seront soumises au respect d’un cahier des charges (incluant pour la presse quotidienne nationale l’obligation d’un article au moins hebdomadaire sur toutes les activités trop géniales que propose la ville de Levallois-Perret à ses administrés)…
- les organes de presse s’engagent à co-verser avec la commune de leur choix des salaires fictifs à des sportifs…
- la commission de délivrance de la carte de presse est renommée «commission Alain Peyrefitte»…
- tout journaliste voulant obtenir la carte de presse devra jurer sur l’honneur, de ne jamais publier de photos de villas ou tout autre bien qu’auraient pu acquérir des élus de la République, de ne jamais s’intéresser à des financements de partis politiques…
- chaque journal s’engage à laisser un espace libre pour des interviews politiques qui seront décidées, réalisées et validées au sein des partis politiques même…
- les conseils municipaux seront désormais filmés par les équipes municipales et les images distribuées sur demande et après validation du maire, toute autre caméra est désormais interdite…
- les journalistes seront tenus de respecter un temps de parole de 95% pour la majorité et 5% pour l’opposition quand la droite est au pouvoir, et de 50% pour la majorité et 50% pour l’opposition quand la gauche est au pouvoir…
La porte est ouverte, vous n’avez plus qu’à l’enfoncer…




