Jusqu’à présent, on a beaucoup parlé de Vincent Bolloré pour la manière dont il a choisi de réorganiser Canal + et les autres chaînes de télévision du groupe Vivendi. Il est vrai que l’homme d’affaires a bousculé tous les organigrammes en moins de deux mois pour imposer ses hommes et femmes de confiance. A chaque rouage de la maison, il a en effet placé ses pions et le dernier épisode en date a été sanglant : la directrice générale et la directrice de la rédaction d’i-Télé viennent d’être brutalement remerciées pour être remplacées par des proches de Bolloré.
Mais tout cela ne fait pas une grille de programmes et tout ce qui va avec : audiences, abonnements, rentrées publicitaires… Car c'est évidemment sur la qualité et l'impact des émissions que le propriétaire de Vivendi sera jugé, et pas seulement sur les économies d'échelle. Ça tombe bien, ce lundi, le Grand Journal est de retour, et la nouvelle formule de cette émission phare de la chaîne cryptée a valeur de premier test pour Bolloré, qui est pour beaucoup dans les changements imposés au programme : la production a été confiée à Flab Prod, société récemment rachetée par Vivendi au nom de la stratégie d'intégration, et c'est Maïtena Biraben - sur volonté directe du grand patron - qui en sera la présentatrice, en remplacement d'Antoine de Caunes.
Sur le papier, on ne peut pas dire que l'émission soit pilotée par des amateurs, Flab Prod produisait précédemment la tranche du midi de Canal + et Maïtena Biraben se faisait régulièrement remarquer - en bien - dans l'émission du week-end, le Supplément. On ne sait pas encore grand-chose du contenu précis du Grand Journal. Mais la pression est énorme, et il ne faut pas se rater face à une concurrence bien installée sur ce créneau et qui a fait sa rentrée depuis une semaine. L'effet de curiosité jouera forcément pour la première édition de ce lundi, d'autant que le Premier ministre a été invité à commenter la conférence de presse de François Hollande, une manière de s'assurer ainsi audience et reprise dans les médias. C'est donc dans les jours suivants que se jouera l'avenir du programme. Et pour juger du reste de l'évolution de Canal +, il faudra attendre la nouvelle mouture des Guignols sans qu'on sache encore exactement quand les marionnettes seront à l'antenne. Et là, on saura mieux si la stratégie industrielle de Bolloré aura permis à la chaîne cryptée de trouver un nouveau souffle.




