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Libre-échange

Accord avec le Mercosur : avant la COP30, Emmanuel Macron se dit «plutôt positif» après l’obtention de «clauses de sauvegarde»

Le traité avec la zone de libre-échange sud-américaine, adopté le 3 septembre dernier par la Commission européenne, doit désormais être adopté par les 27 pays membres de l’UE.

Emmanuel Macron à Belém, le 6 novembre, avant le début de la COP30. (Ludovic Marin/AFP)
Publié le 07/11/2025 à 7h35, mis à jour le 07/11/2025 à 13h03

Une fumée blanche pour un traité de libre-échange avant la COP30. S’exprimant en marge du sommet des chefs d’Etat qui précède le sommet pour le climat à Belém, au Brésil, le président français Emmanuel Macron a dit son optimisme, jeudi 6 novembre, sur la possibilité d’accepter l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur.

«Je suis plutôt positif, mais je reste vigilant parce que je défends aussi les intérêts de la France», a déclaré Emmanuel Macron aux journalistes au sujet de cet accord très critiqué parmi la classe politique, le monde agricole et les défenseurs de protection de l’environnement en France.

«Nous avons été entendus par la Commission qui non seulement nous a donné une réponse positive sur les clauses de sauvegarde, mais a souhaité aussi apporter des soutiens en particulier au secteur de l’élevage, apporter aussi un renforcement des protections de notre marché intérieur avec un renforcement de notre union douanière», a ajouté Emmanuel Macron. Dans «les semaines qui viennent», la Commission européenne va mener un «travail» avec le Mercosur «pour que ces clauses soient acceptées», a-t-il complété, tandis que le monde agricole continue de juger ces avancées, qui permettent à n’importe quel pays de l’UE de limiter les exportations de produits sud-américains sur son territoire en cas de déstabilisation du marché, insuffisantes pour protéger le secteur.

Une sortie qui n’a pas eu l’heur de plaire aux différentes parties opposées à ce traité en France. Ainsi de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard qui, sous pression de la FNSEA et tout en reconnaissant «des avancées», a jugé que «le compte n’y est pas». Un peu plus tôt, le syndicat agricole numéro 1 avait dénoncé «un reniement total» d’Emmanuel Macron, qui «signe sa rupture avec l’agriculture française».

En France, un texte rejeté par l’Assemblée en 2024

Destiné à libéraliser les échanges entre l’Union européenne et des pays d’Amérique du Sud, dont les deux géants Brésil et Argentine, le traité du Mercosur avait été signé fin 2024. Adopté le 3 septembre 2025 par la Commission européenne, le texte doit encore être approuvé par les 27 pays membres avant d’entrer en application. En septembre 2024, l’Assemblée nationale avait largement rejeté le traité.

Emmanuel Macron a auparavant affirmé à plusieurs reprises que cet accord n’était «pas acceptable en l’état», alors que les agriculteurs français redoutent une «concurrence déloyale» des Sud-Américains. «J’ai été cohérent depuis le début. J’ai dit qu’en l’état, il n’était pas acceptable, c’est pour ça que je vous dis qu’il est en train d’être changé. Et donc si ces clauses sont bien mises en œuvre qui n’existaient pas dans l’accord, à ce moment-là, nous considérons que cet accord peut être acceptable», a-t-il affirmé à Belém.

Mercredi, à l’issue d’une rencontre entre le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, la présidence brésilienne a indiqué dans un communiqué qu’ils étaient «disposés à signer» l’accord lors du sommet du Mercosur, le 20 décembre à Rio de Janeiro.

Mise à jour à 13h03 avec les réactions de la ministre de l’Agriculture et de la FNSEA

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