La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, avait dit vendredi 9 janvier face à la colère des agriculteurs : «Message reçu cinq sur cinq.» Force est de constater qu’après un «paquet de mesures» ministérielles à 300 millions d’euros, le compte n’y est pas pour les premiers intéressés. La FDSEA et les Jeunes Agriculteurs des Hauts-de-France ont dit ce lundi 12 janvier prévoir un rassemblement sur la place de la Concorde à Paris, tôt mardi matin, avec «environ 250 tracteurs».
Les manifestants, qui doivent venir du Nord, du Pas-de-Calais, de la Somme et de l’Oise, seront sur place «vers 6, 7 heures» du matin, a déclaré à l’AFP Benoît Raux, le secrétaire général de la FDSEA du Nord. Les agriculteurs, notamment en colère contre l’accord européen avec le Mercosur, ont entamé ce lundi une nouvelle semaine de manifestations en ciblant notamment les ports français, «symbole fort» du libre-échange international, et des autoroutes.
A lire aussi
A l’approche de la signature de ce traité samedi au Paraguay, les actions perdurent un peu partout en France : barrage filtrant sur le port du Havre, blocages sur ceux de Bayonne et La Rochelle, ou encore opération près de Lille sur l’autoroute A1, la plus fréquentée du pays selon son concessionnaire.
Des manifestations ailleurs en Europe
Les partisans de l’accord avec le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay), fruit de plus de vingt-cinq ans de négociations, le jugent essentiel pour stimuler les exportations, soutenir l’économie du continent et renforcer les liens diplomatiques dans un contexte d’incertitude mondiale. Mais pour ses détracteurs, ce traité va bousculer l’agriculture européenne avec des produits importés d’Amérique latine moins chers et pas forcément respectueux des normes de l’UE, faute de contrôles suffisants.
Outre la France, des manifestations ont eu lieu en Italie, Pologne ou Irlande pour protester contre l’accord avec le Mercosur, qui créerait l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde, avec plus de 700 millions de consommateurs. La ratification du traité dépend encore d’un vote qui s’annonce serré au Parlement européen, pas avant février. Un grand rassemblement d’agriculteurs est prévu devant son siège strasbourgeois le 20 janvier.




