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Agriculteurs en colère : Sébastien Lecornu reçoit les syndicats, des blocages puis un rassemblement à Paris prévus

Le président de la Coordination rurale (CR) affirme que des cortèges de tracteurs vont se mettre en route à partir de mardi, en vue de présenter «un cahier de doléances» au Premier ministre jeudi.

Sur l'A64 près de Carbonne (Haute-Garonne) le 16 décembre 2025. (Benoit Tessier/REUTERS)
Publié le 05/01/2026 à 9h13

Pour tenter d’écarter la menace d’un troisième hiver de colère paysanne, le Premier ministre Sébastien Lecornu reçoit ce lundi 5 et mardi 6 janvier les syndicats d’agriculteurs, alors que ceux-ci annoncent déjà se remobiliser après une relative trêve pendant les fêtes.

Le Premier ministre recevra les Jeunes agriculteurs (JA) lundi à 15 heures, puis la Coordination rurale (CR) à 18 heures, avant de s’entretenir mardi à 17 h 30 avec la puissante FNSEA puis la Confédération paysanne.

Mais l’opération déminage s’annonce délicate. Côté Coordination rurale, la volonté d’en découdre reste palpable. Bertrand Venteau, le président de l’organisation qui milite pour la préférence communautaire, a affirmé ce lundi matin sur France Info qu’un barrage pourrait être organisé par des tracteurs dans la journée sur l’A7 près de Lyon.

Il a ajouté que «des convois pacifiques s’organisent pour monter sur la capitale», en vue d’un rassemblement jeudi à Paris. Selon lui, «le gros des troupes» se mettrait en route mardi. «S’ils ne sont pas bloqués pour monter à Paris par les forces de l’ordre, je pense qu’on sera très nombreux à Paris», a-t-il ajouté. L’objectif : présenter un «cahier de doléances» à Sébastien Lecornu.

Certains fruits d’Amérique du Sud interdits dès mardi ?

Le gouvernement a promis vendredi d’annoncer «de nombreuses mesures» en faveur des agriculteurs «tout au long du mois de janvier». A la veille des rendez-vous à Matignon, le chef du gouvernement s’est adressé dimanche aux agriculteurs dans une lettre ouverte. Rappelant certaines mesures déjà prises – «les règles ont commencé à être simplifiées» –, il promet d’entrer dans une «phase plus ferme, plus offensive», notamment vis-à-vis de l’Union européenne.

Sébastien Lecornu appelle notamment l’UE à «amplifier rapidement» ses contrôles aux frontières pour tous les produits agricoles qui «ne respecteraient pas les normes sanitaires et phytosanitaires» de l’Union imposées aux producteurs. «Dans cette attente, nous assumons d’agir dès maintenant», souligne le Premier ministre.

Sébastien Lecornu et la ministre de l’Agriculture Annie Genevard ont confirmé dimanche qu’ils suspendraient par arrêté – possiblement dès mardi – l’importation de fruits et légumes d’Amérique du Sud contenant des résidus de cinq fongicides et herbicides interdits en Europe – les mancozèbe, glufosinate, thiophanate-méthyl et carbendazime. Attendu mardi au Journal officiel, l’arrêté devra toutefois obtenir un feu vert de Bruxelles.

Mais pour l’heure, les syndicats jugent tous «insuffisantes» les promesses faites. Dans un communiqué, la FNSEA dénonce une «absence de vision […] mortifère» et estime qu’aucune des annonces contenues dans la lettre de Sébastien Lecornu «ne permet d’apporter les réponses concrètes aux problématiques de revenus des agriculteurs». Le syndicat réclame «une loi d’exception agricole» permettant de s’exempter de certains «verrous réglementaires», notamment pour «relancer la production» agricole et «mettre fin aux contrôles absurdes».

Unanimes dans leur opposition à l’accord de libre-échange UE-Mercosur, qui devrait être signé dans une semaine, lundi 12 janvier, les syndicats divergent cependant dans leur appréciation de la gestion de la dermatose.

La vaccination progresse dans le Sud-Ouest

La Coordination rurale (2e syndicat, adepte des opérations coups de poing et anti-écologistes) et la Confédération paysanne (3e syndicat, classé à gauche) sont en pointe de la contestation, occupant autoroutes, ronds-points ou abords de fermes touchées : ils réclament la vaccination généralisée du cheptel (près de 16 millions de bovins) et l’arrêt de l’abattage intégral dès le premier cas.

Dans le Sud-Ouest frondeur, en première ligne de la crise sanitaire, la vaccination des bovins s’accélère – avec 74,7 % du cheptel concerné vacciné au 4 janvier – mais les troupeaux ne sont considérés comme immunisés que 21 jours minimum après l’injection. Trois nouveaux foyers de DNC ont été détectés ces derniers jours en Ariège.

Chacun espère un répit face aux crises qui secouent le monde agricole : épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui frappe les bovins ; faible cours du blé et prix élevé des engrais qui plombent les céréaliers ; menace d’une concurrence accrue des pays latino-américains du Mercosur.

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