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Agriculture : à Châteauneuf-Grasse, on s’appuie sur le champignon

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Dans les Alpes-Maritimes, une start-up développe un procédé de culture, alternative aux engrais, qui permet d’augmenter les rendements et de lutter contre la sécheresse.

Sur la parcelle expérimentale de Mycophyto, à Châteauneuf-Grasse, le 18 novembre 2025. (Laurent Carré/Laurent Carré)
ParMathilde Frénois
correspondante à Nice
photo Laurent Carré
Publié le 31/12/2025 à 10h00

Attention où vous mettez les pieds ! Il ne s’agirait pas d’écraser ces jeunes pousses de vignes encore chétives ou ces orangers à peine plantés. Le terrain agricole de Châteauneuf-Grasse (Alpes-Maritimes) est encore humide des dernières pluies, les mauvaises herbes ont bien repris. «Un quart de la biodiversité est dans le sol. On en connaît 20 % maximum, estime la microbiologiste Justine Lipuma, fondatrice de la start-up Mycophyto. C’est une grosse inconnue.» En revanche, elle sait que 350 espèces de champignons mycorhiziens microscopiques se cachent sous la surface. Sauf qu’ici, sur cette parcelle expérimentale, leur nombre est démultiplié : ils ont été réinjectés dans le sol simultanément aux plantations. Pour Mycophyto, qui les utilise comme engrais naturel, ce sont des boosters : ils aident le végétal à résister à la sécheresse et à ingérer les nutriments. Un nouveau procédé de culture qui augmente les rendements grâce à ces champignons champions des champs.

Sous le soleil d’hiver, les amandiers sont encore frêles. Mais si leurs feuilles s’épanouissent timidement, leurs racines, elles, plongent loin dans la terre. Au moment de refermer le trou de plantation, il y a six mois, la bêche a ajouté un cocktail de champignons mycorhiziens. «Ces champignons sont incapables de faire leur cycle de vie sans la plante, explique Justine Lipuma, arpentant les restanques avec vue mer. Ils ont besoin de la plante pour vivre car ils ne savent pas synthétiser le car

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