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Libération
Reportage

Au Sénégal, les ravages de la surpêche : «Cette usine de farine de poisson nous a gâté la mer»

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Dans le port de Cayar, les ressources halieutiques se raréfient, notamment à cause de la surexploitation d’espèces locales pour fabriquer huile et farine qui servent ensuite à alimenter les poissons d’élevage.

Une pirogue de pêche sur la plage de Cayar, au Sénégal, le 8 février 2025. (Nicolas Réméné/Le Pictorium)
ParAgnès Faivre
Envoyée spéciale à Cayar (Sénégal)
Publié le 22/12/2025 à 6h37

Vents forts, houle de près de trois mètres. La météo a cloué à terre des centaines de pirogues à Cayar, 60 kilomètres au nord de Dakar. En ce dimanche de décembre, le troisième site de débarquement de poisson du Sénégal est à l’arrêt. «Patientez, la vendeuse de poisson grillé a un problème d’emplacement à cause de l’avancée de la mer», s’excuse Mor Mbengue, coordinateur du Centre local de pêche artisanale, à peine apparu, aussitôt alpagué.

Tout semble urgent à Cayar, 30 000 habitants et 2 000 pirogues, où «si tu n’es pas pêcheur, on dit que tu es un lâche». Mais la menace la plus vitale est la raréfaction du poisson. Si les facteurs sont divers, la surpêche domine. Elle s’est accentuée au cours des années 2010. D’abord en raison de la prolifération des chalutiers étrangers, à qui «l’Etat octroie des licences de pêche», peste Mor Mbengue, survêtement azur et tongs. Le non-renouvellement de l’accord de pêche entre le Sénégal et l’Union européenne,

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