Vents forts, houle de près de trois mètres. La météo a cloué à terre des centaines de pirogues à Cayar, 60 kilomètres au nord de Dakar. En ce dimanche de décembre, le troisième site de débarquement de poisson du Sénégal est à l’arrêt. «Patientez, la vendeuse de poisson grillé a un problème d’emplacement à cause de l’avancée de la mer», s’excuse Mor Mbengue, coordinateur du Centre local de pêche artisanale, à peine apparu, aussitôt alpagué.
Tout semble urgent à Cayar, 30 000 habitants et 2 000 pirogues, où «si tu n’es pas pêcheur, on dit que tu es un lâche». Mais la menace la plus vitale est la raréfaction du poisson. Si les facteurs sont divers, la surpêche domine. Elle s’est accentuée au cours des années 2010. D’abord en raison de la prolifération des chalutiers étrangers, à qui «l’Etat octroie des licences de pêche», peste Mor Mbengue, survêtement azur et tongs. Le non-renouvellement de l’accord de pêche entre le Sénégal et l’Union européenne,




